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Laissez les tiroirs aux chaussettes

L’un des clivages les plus crétins que l’on nous propose depuis quelques années est celui qu’il y aurait entre le bobo et le populo

Sushi Il y aurait donc d’un côté le mangeur de sushis-écouteur d’électro- habillé de bio-déconnecté des vraies de vraies de vraies réalité. La bête serait droguée à France Inter, à Télérama, à l’art contemporain, aux préservatifs commerce équitable. Il serait snob et vivrait exclusivement dans des lofts loués ou achetés sur un cours indexé à celui d’une suite du Sofitel de New-York. Loin du populo qui lui fait horreur. Le bobo est pour les intellos de gauche qui vieillissent mal (comme Jacques Julliard) une espèce dont on feint d’être plus éloigné qu’on veut bien le dire.

Le second serait un nounours un peu rustre, sentant la sueur mêlée de Ricard, mangeur de tête de veau sauce gribiche, se mettant de grandes lampées de mauvais côtes du Rhône en assenant de vraies-vérités-que-les-mondialisées ne veulent pas voir. Même après la 10e tournée. Le matin il écoute RMC, le midi idolâtre Pernault, serait un peu raciste, ne lirait pas ou alors juste les canards du tiercé. Il vivrait exclusivement en HLM, loin du bobo qui l’emmerde avec sa prétention.

Et pourtant… Les bals musettes de quartier, ceux avec le p’tit vin blanc et le mélange des gens et des genres, des cœurs et parfois des corps, ceux qui fêtent notre République si abimée aujourd’hui, sont de plus en plus animées par un mélange d’horribles bobos et de méchants populos.

Et pourtant le petit commerce, celui qui est souvent et si injustement caricaturé par les idéologues de droite et de gauche comme un lieu de petites gens sans culture, uniquement préoccupé de profits médiocres, s’interroge sur l’écologie au quotidien, sur les aspects concrets du développement durable.

Et pourtant les Nuits Sonores, ce fleuron des festivals lyonnais de musiques actuelles, pourtant temple du boboisme à l’origine, s’ouvrent à de nouveaux lieux, de nouvelles formes, comme en témoigne la formidable réussite de la soirée des Réservoir Girls dans le populaire et agréable Fox Trot.

Et pourtant, l’excellent sociologue lyonnais Bernard Lahire, vous le dirait, nos pratiques se sont diversifiées. Le populo serait serait aussi surpris qu’on lui dénie le droit à acheter des livres, à aller au théâtre comme les paternalistes chroniqueurs suscités le font pourtant. De son côté le bobo, parfois lassé de la vingtième interview de l’année de Charlotte Gainsbourg dans Télérama serait bien surpris que les canons de la bienséance lui interdisent d’écouter le talk-show de Bourdin sur RMC en se brossant les dents avec son dentifrice au menthol bio. Qu’on laisse donc les tiroirs aux chaussettes !

Texte paru dans le numéro de Tribune de Lyon du 9 Juin 2011

3 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.


  1. Romain / Variae

    Excellent 🙂

  2. Bernard Lahire : cœur cœur cœur.

  3. dude

    « Et pourtant les Nuits Sonores, ce fleuron des festivals lyonnais de musiques actuelles, pourtant temple du boboisme à l’origine »
    Je dirais plutot l’inverse. Au départ, les NS avait aussi un public plus ouvert sur les teufeurs, les gens de la campagne.
    Maintenant c’est un concours de mode et de hype. Mais le festival reste génialissime mais je ne suis pas trop d’accord avec cet aspect de ce billet. La hausse continue du prix du ticket depuis 9 ans va en ce sens.

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