Travail:3 erreurs de l’UMP

Cette nuit, l’assemblée nationale a adopté les mesures visant à
abaisser le prix des heures supplémentaires pour les entreprises.

Christine Lagarde s’est montrée moins caricaturale que la veille
où elle avait présenté son paquet fiscale en prenant pour modéle les
rappeurs et chanteurs de R’N’B écoutés par les jeunes et qui célèbrent
la réussite individuelle.Diam’s, IAM,Keny Arkana, Kool Shen, La Rumeur… tous engagés à gauche et contre Sarkozy ont du apprécier la récupération…Et puis Madame Lagarde, vous savez Liberal D, c’était une blague, même si c’est vrai y’a quand même lui.

D’autres par contre ont été fidèles au poste:« Hormis quelques idéologues fossilisés, plus personne ne conteste que nos
concitoyens ne travaillent pas assez au regard de nos concurrents
internationaux
»a décalaré le sympathique député UMP Jacques Myard, jamais avare d’ouverture au dialogue comme on peut le voir.

C’est pourtant à mon sens d’une profonde méconnaissance du monde du travail français que s’adresse ce volet du projet de loi gouvernementale.Les fossilisés ne sont pas ceux qu’on croit et commentent au moins (j’en vois un peu plus mais je ne souhaite pas être trop long) trois erreurs majeures que ce soit dans le diagnostic de départ.

Rapidement, un petit tour de la mesure pour savoir grosso-modo de quoi il est question, tout ayant été dit sur la mesure.

Il s’agit:

1-De ne pas rendre comptable de l’impôt sur le revenu les heures supplémentaires
2-Les heures supplémentaires ou complémentaires effectués par le salarié donneront
droit à une réduction des cotisations sociales salariales comme patronales proportionnelle à la
rémunération fixée par décart ultérieurement, même si quelques chiffres ont déjà été évoqués par la ministre concernant l’abaissement des secondes.
3-De pouvoir faire travailler au-delà de la durée légale du travail  actuelle les salariés
4-De faire revenir à une majoration salariés de 25% les heures travaillées en sus et 50% au-delà de huit heures.

La mesure résume le slogan de campagne de Sarkozy "Travailler plus pour gagner plus".

J’avais trouvé à l’époque que Ségolène Royal combattait trés mal une mesure qui à la premiére réflexion pouvait séduire nombre de salariés et que les voix au PS qui dénonçaient ce miroir en trompe-l’oeil n’arrivaient pas à être audibles.

Rappelons aussi que le décret de la loi Aubry du 31 janvier 2000 prévoyait déjà 130 heures supplémentaires par salarié et par an, heures qui ne sont pas toujours utilisées, loin del à, par toutes les entreprises…On est loin de ce que dit la droite sur l’impossibilité de travailler davantage que 35 heures.Et la situation est encore plus souple pour les cadres.

 

En premier lieu, la première erreur de diagnostic, et cela, a déjà été dit et redit, que c’est le volume d’activité et l’employeur qui déterminent la quantité de travail attribué à un salarié et non l’inverse.Comme me le disait un restaurateur de la guillotiére: "si j’ai 15 couverts sur une soirée, je peux pas donner du boulot pour servir pour 32 personnes à mon employé".Par ailleurs je n’ai jamais croisé quelqu’un qui me dise "ah je voudrais bosser plus mais la loi me l’interdit".J’ai par contre un peu plus souvent croisé des gens qui faisiaent des heures supp non payées.

Un deuxième mensonge est celui de mettre en relation le temps de travail moyen,la prospérité dune nation et les salaires…La droite "oublie" de dire (et la gauche devrait user à mon sens de cet argument plutôt que de se renier sur les RTT) que les pays aux salariés les moins occupés par leur temps de travail en Europe sont l’Allemagne, la Norvége, la Suéde et les Pays-Bas et non la France…Ces quatre contrées sont prospères, avec des économies dynamiques et des salariés avec un fort pouvoir d’achat (et qui n’ont de plus pas eu de loi De Robien pour faire flamber leurs loyers).

Une troisième erreur est celui d’une supposée adéquation entre cette mesure et les besoins du monde du travail.Dans le trvail manuel, si il n’est pas rare de faire des heures supp, la pénibilité limite fortement cette possibilité.A noter que le précédent gouvernement de droite avait limité à 10% de majoration les heures en sus travaillées par les employés des PME…Les salariés ont du apprécier, heureusement l’une des rares mesures positive du projet Lagarde est de monter la chose à 25%.  Dans le BTP où une telle mesure aurait pu faire baisser la pénurie de main d’oeuvre, les effets seront forcément limités.Pour ce qui est des cadres qui sont dans leur grande majorité au forfait, les choses ne changeront pas…Et encore une fois c’est le carnet de commande et non la loi qui détermine d’abord l’activité à mener.

Pour résumer le gouvernement agit davantage en idéologues conservateurs qu’en dirigeants désireux de relancer notre économie.Et si les français ont besoin de revaloriser leur pouvoir d’achat, ce n’est surement pas cette voie qui risque d’y changer grand-chose.

1 commentaire a été rédigé, ajoutez le vôtre.

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  1. brigit

    dans les PME concernées je pense à la branche pharmacie qui était à 10% pour les heures sup, les salariés se félicitent,passer à 25% d’un coup c’est quand même tout bénef pour des professionels de la santé qui sont relativement mal payés, en plus c’est une branche ou l’on ne peut pas refuser de travailler, les services de garde sont là pour la solidarité, mais la pénibilité du travail doit être reconnue dans tous les secteurs
    tout cela est très compliqué, quand on signe un contrat de travail on ne sait pas toujours ou on s’embarque
    mais je suis d’accord avec toi c’est toujours le patron qui décide, et s’il est de droit divin comme dans les petite et moyennes entreprises, on la ferme;)

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