Pour l’assistance sexuelle des handicapé(e)s

Tribune ce jour dans Libération par un groupe de féministes opposées à la légalisation de l'assistance sexuelle pour les handicapé(e)s.

Ne pouvant mettre de lien dans ce billet depuis mon ipad je vous laisserait chercher cette opinion entre autres cosignée par Agacinski, Osons le Féminisme et autres groupes de la tendance différentialiste du mouvement.

Pour résumer la situation, de plus en plus de voix montent pour demander à ce que l'assistance sexuelle pour les personnes handicapées soit légalisée et la chose va faire l'objet prochainement d'une discussion au parlement. Si la ministre Bachelot s&# montrée hostile à une telle mesure, de nombreuses voix à gauche mais aussi à droite sont favorables à ce que un statut pour les assistants sexuels soit établi dans notre pays.J'avais pour ma part été sensibilisé à cette cause il y a quelques années par une copaine, Héléne, travaillant dans la psychologie dans un pays où la chose est légale.

La pratique consiste à ce que des practiciens et practiciennes formés en matiére psychologique prodiguent caresses et un peu plus
parfois à des personnes souffrant de handicaps physiques. Je suis favorable à ce que
les handicapé(e)s puissent une sexualité.

Seulement voila, les plus conservateurs des élus de droite, et parfois certains resposables de gauche, ainsi que les féministes de l'aile la plus différentialiste s'y opposent: vulgaire prostitution disent-t-ils tout en ne proposant rien d'autre que de laisser hommes et femmes handicapé(e)s dans leur misére.

On peut d'ailleurs noter que pas une proposition concréte pour résoudre la question de la sexualité des personnes souffrant de handicap n'émerge de ces opposants.
En Suisse, où la chose est possible, l'assistance se fait par une personne qui ne fait pas de cela son activité rémunérée principale et qui a été formé en matiére de dialogue et de psychologie. Il ou elle prodigue caresses et pratiques sexuelles au public souffrantd'un fort handicap. Tout cela marche bien et permet aux personnes souffrant d'un handicap sérieux de vivre un peu leur sexualité.Curieusement les signataire du texte, si elles parlent des bordels allemands ou hollandais, qui n'ont rien à voir
avec le sujet puisque s'adressant généralement à une clientéle valide et surtout masculine n'évoquent nullement la suisse…ni, je le répéte, le plus petit commencement de solution à la situation sexuelle des handicapé(e)s.

19 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. Nicolas Gruet

    Le problème c’est que derrière cette demande d’assistanat sexuel se cache à mon humble avis un déficit affectif que ne viendra pas du tout résoudre le recours à une assistance sexuelle. Le recours à de telles prestations n’améliorera ni la richesse des relations sociales des personnes concernées, ni leur besoins affectifs. Autrement dit, le recours à une assistance sexuelle ne traite pas le problème en profondeur. On devrait davantage favoriser des structures de rencontres entre personnes handicapées et personnes valides. C’est par là que cela doit commencer, par des relations humaines.

  2. J’ai trois questions sur le sujet :
    – Qui paierait ?
    – Pourquoi l’Etat devrait se préoccuper de la sexualité de qui que ce soit ?
    – En quoi est-ce différent de la prostitution ?

  3. J’ai trois questions sur le sujet :
    – Qui paierait ?
    – Pourquoi l’Etat devrait se préoccuper de la sexualité de qui que ce soit ?
    – En quoi est-ce différent de la prostitution ?

  4. J’ai trois questions sur le sujet :
    – Qui paierait ?
    – Pourquoi l’Etat devrait se préoccuper de la sexualité de qui que ce soit ?
    – En quoi est-ce différent de la prostitution ?

  5. romain blachier

    ce n’est pas la panacée mais c’est mieux quela situation actuelle

  6. romain blachier

    pareil »!

  7. romain blachier

    -partie le patient partie la sécu
    -parce que en l’occurence l’individu est en difficulté seul. C’est mieux que quand l’Etat interdit le mariage gay.
    -il y a accompagnement psychologique et pas seulement caresses.

  8. Désolé pour le commentaire en triple, quelque chose n’a pas fonctionné…
    A ma connaissance, je ne crois pas que l’Etat interdise le mariage gay, c’est juste qu’il n’a pas été créé. Et les questions de mariage ne sont pas une question de pure sexualité.
    Sur le fond, je vais préparer une réponse développée.

  9. La sécu paierait…
    hum. Et à partir de quel niveau de handicap ? Il me semble qu’on met le zizi dans un drôle d’engrenage, là.
    Un premier pas serait plutôt de laisser les handicapés (je pense aux paralysés surtout) qui vivent en institution avoir entre eux les relations qu’ils désirent. Ce n’est pas le cas partout, alors qu’il s’agit d’adultes… et puis d’avoir recours à des prostituées s’ils le désirent aussi, comme chacun peut le faire. La formation psychologique, c’est quand même un alibi qui me semble bidon. En supposant qu’on soit pour l’interdiction légale de la prostitution, on la tolérerait remboursée par la sécu, sous couvert d’assistance médico-psychologique ? Ce n’est pas pousser un peu loin le bouchon ?

  10. romain blachier

    L’etat interdit bien le mariage gay puisqu’il précise que le terme ne se référe qu’aux unions entre personnes de sexes différents.

  11. romain blachier

    Suzanne j’ai dit que le patient paierait lui aussi un part. Après il y a des définitions légales des degrés de handicap et il est loisible au législateur de le reserver aux cas les plus lourds.
    Ensuite l’assistant sexuel n’est pas incompatible avec les rapports sexuels entre personnes handicapées .
    Pour le reste toutes les personnes prostituées ne sont pas aptes ni désireuses de prodiguer de l’assistance sexuelle
    aux handicapée sans compter que l’allocation handicap n’est pas très élevée.
    Permettre aux plus démunis de vivre une vie sexuelle rien de plus normal.

  12. « Ensuite l’assistant sexuel n’est pas incompatible avec les rapports sexuels entre personnes handicapées . »
    Ha ha ha ! La sexualité sera fête partouze et remboursée par la sécu, même pour les handicapés!
    bon, pardon pour la plaisanteries idiotes…
    Etes-vous certain que ce soit un droit, là ?
    C’est d’abord le handicap qui va… handicaper la personne. L’état doit-il vraiment se mêler de la sexualité des citoyens, et rembourser des prestations sexuelles ? Sexualité-médicament ? Qu’on soit vigilant dans les institutions à garantir un maximum de liberté dans les rencontres et dans la vie privée, que les handicapés aient des recours quand leur famille leur brime le peu de liberté qu’il leur reste, d’accord.
    Ce serait déjà beaucoup.

  13. romain blachier

    Vous caricaturez Suzanne. Pour le reste ce serait déjà pas mal mais pas suffisant pour résoudre le probléme. D’où les assistants secuels.

  14. Hélène

    Merci Romain! Ca valait le coup de t’en parler donc 🙂
    Non l’Etat n’a pas à se mêler de la sexualité de ses concitoyens. Cependant, les institutions spécialisées prétendent le bien-être global de leurs usagers et la réponse à tous leurs besoins afin d’éviter la maltraitance. Qu’elles le fassent et qu’elles témoignent du cadre légal inadéquat aux réalités de terrain!
    Quant aux idées lumineuses du genre  » On a qu’à favoriser les rencontres des personnes handicapées ». Comme si les personnes concernées n’y avaient jamais pensé…
    Le fait est qu’une personne handicapée lourdement n’est pas perçue comme attractive et a peu de chance de parvenir seule à ses besoins sensuels (et affectifs non plus).
    Pas de solutions automatiques, ouvrons la réflexion sur des faits réels plutôt que blablater les préjugés.

  15. Louis

    Suzanne,
    Je partage votre réflexion.
    Ceci dit, des assistants sexuels existent effectivement en Suisse et au Pays-Bas, l’expérience se passe plutôt bien.
    Qu’en pensent les associations d’handicapés? http://www.liberation.fr/societe/01012333744-sexe-et-handicap-ma-reponse-a-roselyne-bachelot
    PS : je découvre votre blog : style subtil, sans langue de bois, mise en page sobre et élégante, iconographie soignée, diversité des sujets abordés, bref une petite bouffée d’air en dehors des sentiers battus 🙂

  16. romain blachier

    vous connaissiez pas Suzanne (es-ce son vrai prénom ou un pseudo pour gérer ses propos?) ? En effet ce blog ( avec lequel je suis souvent en désaccord) ne manque pas d’intéréts et de points communs avec vous (;

  17. Louis

    Je ne passe pas mon temps sur internet 🙂

  18. Maxence Dworaczek

    En tant que handicapé « léger » (même si j’ai un fauteuil roulant, je suis autonome, pas défiguré, ni rien de trop grave…) j’ai souffert des années de ne pas être considéré comme « baisable ».
    Certes, ces problèmes arrivent aussi à des personnes valides, mais moches et/ou trop timides/flippantes; le fait est que le handicap met une barrière de plus. On a l’impression que le sexe (sans parler de l’amour) est quelque chose d’inaccessible. Connaissez-vous la profonde haine de soi qui résulte de ce qu’on n’est pas désirable, d’aucune manière ?
    Oui, cela coûterait de l’argent au contribuable, oui, l’assistanat sexuel s’apparente à la prostitution. Mais déjà, sur les quelques dizaines de milliers de handicapés qui pourraient en être bénéficiaires, je ne pense pas que tous choisissent d’en profiter. Et pour ceux qui le feraient, je ne pense pas que cela puisse être autre chose qu’un aveu de défaite face au handicap, quelque chose qu’on ferait avec une certaine honte.
    Et ensuite, pourquoi être contre la prostitution ? Elle existera avec ou sans votre consentement. Et si elle est interdite, ou juste étouffée comme en France, cela ne peut conduire qu’à plus d’abus, plus de viols, plus d’esclavage. De plus l’assistanat sexuel est d’après quelques témoignages que j’ai pu lire, beaucoup plus un don de soi (et donc quelque chose de valorisant) qu’une chose que l’on fait avec honte, comme pour beaucoup (certainement pas toutes, mais qui a les chiffres ?) de prostituées.
    Cela dit, je termine par une note personnelle : j’ai maintenant une petite amie, et jamais depuis mon adolescence je n’ai été aussi heureux. Le sexe me permet de m’affirmer pleinement, de ne plus avoir honte de mon corps, car je sais qu’au moins une personne au monde l’accepte tel qu’il est. Le regard des gens change quand vous n’êtes plus un condamné à la virginité. Je trouve assez horrible finalement, le fait de refuser cette dignité-là à tous les handicapés, comme si on ne pouvait même pas s’imaginer deux secondes à leur place.
    Ressentez la souffrance. Après on en reparlera.

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