Mes impressions sur le discours de politique générale de Jean-Marc Ayrault

Jean-marc-ayraultUn discours de Jean-Marc Ayrault qui pourrait peut-être  rester dans les mémoires. Non pas que la forme aie été grandiose, loin de la, ni spectaculaire ni le catalogue d'intentions plus détaillé qu'un autre discours de politique générale. Non pas  non plus qu'aucune surprise non plus aie été annoncée par rapport aux promesses de campagne. Si il y eu une volonté de rassemblement manifeste (à laquelle la droite répondit par des sifflets) on eu sur le fond de l'attendu.

Mais ce speech marquera sans doute l'histoire par plusieurs biais, à commencer par un discours sur la dette relativement rare à gauche il n'y a pas si longtemps.

Une nouvelle doctrine résumée par une phrase "la dette c'est moins de crèches, moins d'écoles, mois d'hopitaux".

Rien de surprenant pour ceux qui auraient écouté les discours de François Hollande pendant la campagne puisque c'est l'arrêt de l'explosion des déficits survenus sous Sarkozy qui était notamment promis. Mais c'est aussi une réorientation d'un certain discours de la gauche française en la matiére. Je ne m'en plaindrait pas. Surtout si, en paralléle, une dose judicieuse de relance keynesienne est insufflée dans certains domaines. Et du renforcement de certains secteurs, par exemple ce qui a été décidé à Pôle Emploi dans une période où l'insertion des chomeurs devient cruciale.

Autre élément marquant, c'est le ton rassembleur du Premier Ministre, contrastant avec l' agressivité forte de certains députés UMP, qui sifflérent même quand il parlait de la patrie et du patriotsme  ou qu'il évoqua le rassemblement des forces vives du pays pour le redressement. Même sa  pondération vis à vis de l'opposition fut acceuillie par des huées des rangs de droite .Alors  François Fillon était tout de même bien burtal avec les socialistes.

La chose fut accentuée par le départ des députés UMP lors de la prise de parole d'un Bruno Leroux (président du groupe socialiste) plutôt,plus dans l'offensive vis à vis de l'opposition mais sans surprise lui aussi.

Enfin si Christian Jacob, président du principal groupe d'opposition au parlement,  avait voulu démontrer que l'UMP avait des problèmes de doctrine, il ne se serait pas mieux pris.

Après avoir approuvé les réductions de fonctionnaires sous le mandat de Nicolas Sarkozy, il se fit le défenseur des employés des ministères. Après avoir accusé la gauche de traditionnellement gérer l'éducation en concertation avec les syndicats, il accusait le gouvernement de ne pas consulter ses même organisation….avant que, belle solidarité, nombre de ses troupes sortent de nouveau lors du discours de Borloo, pourtant lui aussi dans l'opposition. Le président du parti radical valoisien fut plus habile dans sa critique, tout en oubliant délibérément qu'il fut aussi un pilier de plusieurs gouvvernement Fillon.

Il parait d'ailleurs que, au même moment, cela fut aussi virulent au sénat, avec une Sophie Jossains (on l'espère élue pour d'autres raisons que d'être la fille de sa mère) particulièrement houleuse.  Bref, à voir l'assemblée nationale, les années qui viennent ont un goût de travail et de rigueur. Avec une opposition aux abois.Le prix du redressement ?

6 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. noam

    « Une nouvelle doctrine résumée par une phrase « la dette c’est moins de crèches, moins d’écoles, mois d’hopitaux ».»

    «Mais c’est aussi une réorientation d’un certain discours de la gauche française en la matiére.Je ne m’en plaindrait pas.»

  2. J’aime bien comment tu as entendu les choses.
    Rien de plus à dire … ou alors tellement.
    Pendant ce temps là, quand même … enfin ! quand même ! … les keuffs perquisitionnaient chez Sarko.
    « La justice viendra sur nos pas triomphants  » …
    Amicalement

  3. romain blachier

    Des hausses de recettes ont été annoncées. Et oui, on peut réflechir sur la dette et de façon intéresssante (voir les 2 derniers numéro de la revue Multitudes)reste que l’argent reste une réalité.

  4. romain blachier

    Merci

  5. Arf : j’aurais aimé pourvoir entendre les choses comme cela. Hélas, cette idée de rigueur (même « juste ») ne me séduit guère.
    La dette est là, c’est certain.
    Mais elle continuera de s’accroitre tant qu’on sera contraint d’emprunter sur les marchés – les intérêts de la dette pèsent lourd dans notre budget – Et encore, pour l’heure, nous empruntons peu cher, parce que notre dette est préférée à l’espagnole ou à l’itaienne…à l’inverse de notre football.
    Mon avis : redéfinir le rôle de la BCE / pouvoir emprunter directement auprès d’elle !
    Mais Merkel ne cèdera jamais là dessus…

  6. romain blachier

    Le discours de Ayrault n’empêche pas le volontarisme européen. Mettons tous les fgers au feu (meme si ok, je suis d’accord ce n’est pas facile)

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