Viens squatter chez moi…Regards Croisés

Bonjour
à tous et merci à Romain de nous avoir invités à squatter sur Lyonnitudes.

RC On
va faire un squattage simple, qui reflète sans fioritures notre démarche sur
Regards Croisés . En gros, nous sommes deux
étudiants lyonnais, dans le 7
ème,
à Normale Sup (vous savez le gros bâtiment tout fermé qu’on voit en sortant du
métro Debourg). Militants respectifs des Verts (Cyril Barde) et du PS (Jonathan
Guémas), on essaie de proposer quelques pistes pour donner à la gauche, appelée
à gouverner unie et solidaire, un projet commun pour 2012. Ou, au moins, un
espace de débat. Alors, c’est vrai que les articles peuvent parfois paraître
longs, mais la longueur, corollaire de la complexité, est bien souvent
nécessaire.

Ce
squattage est aussi l’occasion pour nous d’annoncer que la première des rencontres
de Regards Croisés
aura lieu le jeudi 20 mai, sur le thème de l’Université,
au bistrot chez Thibault 80 rue Montesquieu (toujours dans le 7
e), et
accueillera entre autres (c’est une exclusivité Lyonnitudes), Philippe Meirieu, vice-président de la région Rhône
Alpes à la formation continue. Nous vous attendons nombreux.

En
attendant, un petit article qui présente trois des grands axes sur lesquels
nous pensons que la gauche doit affirmer son identité, sans se voir imposer son
agenda setting par la majorité actuelle. Il comporte bien sûr des
banalités, mais ce sont ce sont ces banalités qui sont actuellement battues en
brèche par le pouvoir.

La gauche
de demain sera écologiste.

Le
projet de la gauche rassemblée ne peut faire l'économie du paradigme écologiste
s'il veut être en phase avec les grands enjeux du XXI° siècle. A l'heure où
urgence écologique, urgence sociale et urgence démocratique sont plus que
jamais liées les unes aux autres, les réponses politiques doivent être
complexes et globales.

Il
s'agit de proposer un nouveau modèle de développement, en rupture avec le
productivisme, l'idéologie de la croissance à tout prix et le tout marché. Un modèle de développement durable, soutenable,
solidaire et convivial qui remette la politique au cœur de la Cité et l'humain
au cœur de la politique.

L'écologie
politique, un projet de justice sociale et de solidarité

Alors,
Partons de constats simples:


20% de la population mondiale consomme aujourd'hui 80% des ressources
naturelles de la planète.
– En France, en Inde au Brésil… les premières victimes des pollutions, de
l'augmentation du prix du pétrole, de la mal-bouffe et des maladies dites de
civilisation sont les catégories sociales les plus fragiles.
A l'échelle locale, nationale et internationale, la question écologique n'est
donc pas dissociable de l'inégale répartition des ressources et des richesses.
L'exigence de solidarité et de partage est par conséquent au fondement même du
projet de l'écologie politique. La taxe carbone telle qu'elle était prévue par
le gouvernement a montré l'aberration d'une fiscalité qui ne tient pas ensemble
la nécessité de justice sociale et d'efficacité environnementale.

L'écologie
politique, un projet de société alternatif

Reconvertir
l'économie vers des activités respectueuses de l'environnement et de la santé
des personnes, développer les secteurs coopératif et associatif, mettre en
place les parcours de formation nécessaires, c'est dessiner les contours d'une
société qui refuse la compétition permanente de tous contre tous mais qui ne
renonce pas à créer des emplois durables et non délocalisables.

Relocaliser
les échanges (dans le secteur agricole, s’appuyer par exemple), favoriser les
circuits courts, libérer la ville du tout-voiture pour en refaire un lieu de
vie en commun, c'est (re)tisser du lien social là où ne comptent que
l'accumulation infinie des biens. L'écologie politique permet de créer des
lieux, de penser des moments où il est de nouveau possible de faire société.

L'écologie
politique, un projet d'émancipation

Les
sociétés contemporaines, entrées dans l'ère d'Internet, du numérique et
soumises au culte de la performance, sont plus que jamais placées sous le signe
de la vitesse et de l'accélération. Comme l'écrit Gilles Lipovetsky dans Temps
contre temps ou la société hypermoderne
, « il n'y a pas seulement
accélération des rythmes de la vie, il y a conflictualisation subjective de la
relation au temps. Les antagonismes de classes s'émoussent, les tensions temporelles
personnelles se généralisent et s'aiguisent ».
Face au mal-être que génère une société de plus en plus anxiogène et exigeante,
l'écologie politique porte un projet de décélération. Se ressaisir de notre
temps
, vivre moins vite pour vivre mieux et vivre vraiment: c'est un enjeu
fondamental qui doit animer la réflexion de toute la gauche d'ici 2012.

Une
politique des temps de vie est l'élément central de toute politique de
civilisation à venir. La question de la réduction du temps de travail doit être
abordée sans tabou. La lutte contre l'étalement urbain, le développement massif
des transports en commun sont aussi des leviers importants en la matière. Il ne
faut pas oublier non plus les champs de la formation tout au long de la vie et
de l'éducation populaire.

L'écologie
politique, parce qu'elle rompt avec les injonctions à la compétition, à la
vitesse, à l'accélération et à l'urgence permanente, propose un vaste mouvement
de décélération pour ne plus perdre son temps à en gagner. On le voit, il s'agit
aussi d'une démarche de santé publique dans une société « psychiquement
fatiguée », selon l'expression de Jean-Paul Delevoye, médiateur de la
République.

25 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. Fort sympathique mais un peu loin pour moi !

  2. jean-paul

    Le « niveau » du texte stigmatise malheureusement le « niveau » de Normal Sup aujourd’hui.
    C’est bien triste.

  3. Jean Paul pourriez vous/pourrais tu préciser ta remarque sur ce texte ?

  4. Oui, Jean-Paul, peux-tu préciser?
    Merci beaucoup à Romain pour ce « squattage » 🙂

  5. Vouloir ouvrir un débat entre courants politiques différents est une initiative intéressante et sympathique. Merci à ces deux militants pour leur initiative.
    Ceci dit, ils arrivent à écrire un texte (certes court) énonçant des axes sur lesquels « la gauche doit affirmer son identité, en insistant à juste titre sur l’importance de la question écologique – c’est très bien, c’est en effet l’enjeu premier de toute action politique à notre époque – mais en réalisant le tour de force de ne pas citer les termes suivants : « capitalisme », « libéralisme », « luttes sociales », « classes sociales », « profits », « entreprises », « Europe », « traité de Lisbonne »… Pour un texte qui se veut de gauche, je trouve cela un peu gênant.
    Comme souvent avec les textes ou les tracts écologistes-libéraux, les constats sont justes, mais les mécanismes à l’origine de l’urgence écologique actuelle ne sont pas dénoncés. Or, pour sortir du modèle productiviste qui maltraite les sociétés et condamne la planète, nous devons nous attaquer à long terme au capitalisme lui-même (notamment sa version actuelle, financière, qui exige des profits et donc une productivité humainement et écologiquement intenables – vous parlez d’ailleurs rapidement dans votre texte des conditions de travail), donc instaurer une planification écologique et une primauté de la loi sur le marché, de la démocratie sur le capitalisme, même « vert » ; et à plus court terme, sortir du traité de Lisbonne, qui impose à l’Europe la « concurrence libre et non faussée » dans tous les domaines.
    Or, les Verts, comme le PS, ont été favorables au Traité constitutionnel en 2005, et ne se sont pas opposés au Traité de Lisbonne lors des élections européennes de 2009. Ce n’est pas cohérent ; c’est pourquoi de plus en plus d’écologistes quittent les Verts et Europe Ecologie pour rejoindre le Parti de Gauche, qui associe étroitement dans sa devise (et dans l’ordre) « écologie, socialisme, et république », environnement et lutte sociale, préservation de la planète et de la santé des travailleurs.
    Je veux bien que notre société soit « anxiogène », « psychiquement fatiguée », mais le rôle d’un politique n’est pas d’être le chroniqueur des états d’âme de ses contemporains, ni de simplement souhaiter un monde meilleur, mais de lutter pour créer un rapport de forces permettant d’améliorer la condition réelle du peuple.
    Messieurs de « Regards croisés », encore un effort si vous voulez être écologistes… : le libéralisme et le capitalisme mondialisé sont les piliers de l’Europe du traité de Lisbonne, alors demandez-vous à sortir de ce traité ?
    Voir ci-dessous par exemple une courte vidéo de Corinne Morel-Darleux, nouvelle conseillère régionale du Parti de Gauche en Rhône-Alpes, qui avec Elisa Martin (la seconde conseillère régionale du PG) a refusé de signer un contrat de mandature avec la majorité de MM. Queyranne et Meirieu, car ces hommes « de gauche » refusaient de s’engager sur certaines conditions inscrites dans le programme du Front de Gauche, comme la conditionnalité écologique et sociale des aides aux entreprises, entre autres…
    http://www.dailymotion.com/video/xchcle_corinne-morel-darleux-drome-au-salo_news
    Enfin, j’espère que nous aurons des précisions sur l’organisation de la soirée : thèmes de discussion, débats ? et sous quelle forme ? Merci.
    Eric
    Parti de Gauche Villeurbanne

  6. Une autre vidéo de Corinne Morel-Darleux (datant de l’an dernier, pour les élections européennes), qui montre bien qu’une gauche véritablement écologiste est forcément anticapitaliste, et c’est le projet du Parti de Gauche, pilier du Front de Gauche (à ne pas confondre avec l' »extrême-gauche », qui se caractérise par son antiparlementarisme) :
    http://www.dailymotion.com/video/x9ezv5_questions-d-europe-la-planification_news
    Comme nous l’écrivions sur une de nos affiches récentes, « le capitalisme est la première catastrophe écologique de la planète ».

  7. @eric b: comme parfois dans tes commentaires, par ailleurs intéressants, tu tombes un peu dans le sectarisme.
    Sur ce qui est de l’Europe, c’est justement l’échelon pertinent pour une vraie politique écolo. Le fait qu’elle soit actuellement à direction conservatrice ne doit pas nous amener à jeter le bébé avec l’eau du bain en lui tournant le dos mais à travailler sur ces régulations européennes en matière d’environnement.

  8. cyril barde

    @Eric: merci pour ce message qui a le mérite de lancer le débat. Vous nous fournissez en fait des éléments de langage à parsemer dans un bel et bon discours de gauche. Il y a là une sorte de fétichisme lexcial qui ne doit pas se substituer au débat de fond, écueil que vous évitez heureusement.
    Nous sommes d’accord sur les ravages du néolibéralisme: c’est bien cela qui est visé quand nous dénonçons le « tout marché » ou la société de la compétition généralisée…
    On peut aussi préférer l’expression « catégories sociales » à celle de « classes sociales », moins pertinente pour penser la société contemporaine.
    Bref, au-delà de ces questions un peu formelles, quelques remarques sur le fond:
    – il faut peut-être arrêter de se crisper sur le TCE et le traité de Lisbonne qui ne sont certes pas parfaits mais permettent à l’Europe d’avancer peu à peu. La situation est plus complexe que celle que vous exposez. L’Europe n’est pas le grand Satan que vous décrivez. Elle est pour l’instant dirigée par une majorité de droite. C’est cette majorité et ses orientations politiques que nous devons combattre. Une lecture progressiste de la « concurrence libre et non faussée » en ferait un argument de lutte contre le dumping social et environnemental
    – Nous sommes bien d’accord, l’ennemi principal est le productivisme (de droite comme de gauche), et non (selon moi) le capitalisme. Le captialisme doit être régulé, encadré par la puissance publique mais il n’est pas forcément icompatible avec l’écologie politique. Il est le garant de la liberté d’entreprendre et peut être une composante d’une économie mixte, ouverte. Question: que proposez-vous comme alternative au capitalisme?
    – La « planification écologique » que le PG propose me laisse songeur et sceptique. Un véritable projet écologiste s’accommode mal de la centralisation et du dirigisme. Avec les Verts et EE, je prône une gestion décentralisée et démocratique qui permet de mieux orienter la production, à l’échelle la plus pertinente. Le principe de « planification écologique » est un oxymore environnemental et politique.
    Je finirai avec une remarque plus « politicienne » mais qui me semble néanmoins importante: comment le PG, allié au PC (toujours imprégné d’idéologie productiviste) dans le Front de Gauche, pourrait-il mener une politique écologiste? Quid du nucléaire par exemple?
    Enfin, votre slogan « Le capitalisme est la première catastrophe écologique » m’interroge. J’y vois une reformulation du vieux discours: d’abord la révolution, l’écologie viendra après…
    PS: Merci Romain de nous avoir réservé un espace sur ton blog!

  9. Au risque de te sembler encore plus « sectaire », Romain 😉 (selon le Petit Robert, les adjectifs contraires sont « éclectique, libéral, tolérant »… adjectifs qui conviennent tout à fait à l’attitude des socialistes français et européens à l’égard du capitalisme – passons), je rappellerai que même si la droite est actuellement dominante dans les gouvernements européens, ce n’est pas elle qui a construit l’Union économique et monétaire, ce sont majoritairement des responsables politiques dits de gauche, au cours des années 80 et 90 ! N’était-ce pas Jacques Delors qui était président de la Commission européenne de 1985 à 1995 (donc en gros de l’Acte unique au Pacte de stabilité), et je n’aurai pas la cruauté d’énoncer toutes les contributions de gouvernements sociaux-démocrates au démantèlement des systèmes de protection sociale, de régulation économique et de redistribution des revenus en Europe (de Tony Blair à Gerhard Schröder et au Danois Rasmussen, en passant par le détricotage du modèle social suédois et les privatisations massives de Jospin…)
    A la fin des années 90, la majorité des pays européens étaient dirigés par des sociaux-démocrates, mais cela n’a pas permis un changement d’orientation de la construction européenne. Et puis, Pascal Lamy à l’OMC, DSK au FMI… Les socialistes français sont les meilleurs élèves du libéralisme (avec une petite touche de social et de « régulation », bien entendu).
    Les peuples l’ont bien compris, et n’ont cessé depuis de désavouer les partis sociaux-démocrates dans les urnes (élections dans les Länder allemands, effondrement au Danemark, en Suède, en Italie où il n’y a plus de gauche, dans les nouveaux pays membres d’Europe centrale, en France bien sûr dans les élections nationales, perdues par le PS depuis 8 ans…) Lors de la Convention européenne pour le traité constitutionnel, avant 2005, la délégation du PSE était conduite par l’Italien Amato, qui (contrairement à la droite) n’a proposé pratiquement aucun amendement au projet de Giscard d’Estaing ; et bien sûr le PS et Europe Ecologie ont fait campagne pour le Traité constitutionnel, rejeté par les Français en 2005, puis ont voté (contre l’avis de leur peuple donc) en Congrès le Traité de Lisbonne – qui interdit par exemple aux Etats de maintenir des monopoles pour les services publics ou d’intérêt général, et ne permet pas à la Banque centrale européenne d’accorder un prêt à taux réduit à un Etat (comme la Grèce), ou de racheter des bons du trésor (comme le fait la Fed aux Etats-Unis), alors que les banques se financent à 1 %, pour prêter à 5-6 % à la Grèce, et bien plus aux particuliers…
    Pour le social-libéralisme, stérilité idéologique et naufrage électoral vont de pair.
    Pour répondre à quelques points soulevés par Cyril, je vous invite à regarder un discours marquant de la dernière campagne électorale du Front de Gauche, par l’économiste Jacques Généreux (professeur à Sciences Po Paris, quelqu’un qui n’a rien de déraisonnable, et qui était membre du PS avant de fonder le PG), qui pose la question : « Faut-il être anticapitaliste ? » (je ne vous donne pas la réponse tout de suite : quel suspense ! ;)) (durée : une demi-heure)
    http://www.dailymotion.com/video/xcjfal_discours-de-jacques-genereux-a-nant_news
    Le Parti de Gauche se veut un « parti creuset », fondant des apports divers et fonctionnant en réseau de manière non pyramidale et pourtant disciplinée. C’est passionnant mais ce n’est pas simple, a fortiori avec le projet du Front de Gauche, rassemblement encore plus large dans lequel le PG a toujours dit qu’il avait peut-être vocation à disparaître un jour, mais oui.
    Inutile, Cyril, de parler de « révolution » pour nous faire passer pour des utopistes ou des ringards : je confirme que notre projet est révolutionnaire, il prône le dépassement du capitalisme – qui n’est pas le seul système économique possible, loin de là ; il existe de nombreuses formes d’économie sociale et solidaire : coopératives, associations, régies publiques comme nous le réclamons pour l’eau… – mais à travers une « révolution citoyenne », démocratique et moderne, afin de trouver un débouché républicain aux luttes sociales sur tous les terrains, qui risquent de mal tourner à brève échéance…
    A bientôt

  10. Rectificatif : ce sont les Verts qui ont fait campagne avec le PS en faveur du « oui » au traité constitutionnel en 2005, puisqu’Europe Ecologie n’existait pas encore.

  11. Loïc

    @Eric B : Pendant combien de temps va-t-on y avoir droit au TCE?
    Eh faut se détendre un peu, on respire un grand coup et promis tout va bien se passer! Faire d’un débat de 2005 un débat structurant de la bonne et de la mauvaise gauche c’est au mieux être psychobloqué au pire être conservateur!
    Quant aux centaines de milliers de militants écologistes qui se rueraient sur le PG, il faut arrêter le LSD ca fait dire n’importe quoi. A part Martine Billard personne n’est aller au PG ou presque, même la branche altermondialiste très à gauche qui a fait campagne pour le non au TCE est resté!
    Enfin sur le côté ringard, envoyer des liens de vidéos avec Jacques Généreux ou encore Corinne Morel-Darleux, oui, c’est définitivement ringard!

  12. devil

    Ce billet est un peu généraliste et ne rentre pas tellement dans le concret.
    « Une politique des temps de vie est l’élément central de toute politique de civilisation à venir. La question de la réduction du temps de travail doit être abordée sans tabou. La lutte contre l’étalement urbain, le développement massif des transports en commun sont aussi des leviers importants en la matière. Il ne faut pas oublier non plus les champs de la formation tout au long de la vie et de l’éducation populaire.  » ca fait un peu liste du tout et n’importe quoi. Dommage.

  13. Tu as raison Loïc, tes raisonnements sont bien plus pertinents et élégants. Le niveau monte, c’est bien.
    Mon passage préféré : « c’est au mieux être psychobloqué au pire être conservateur ». :))
    Je n’ai jamais dit que des centaines de milliers de militants écologistes se ruaient sur le PG ; je voulais seulement signaler que le PG s’est fortement enrichi de l’apport de nombreux écologistes de gauche (et a tenu plusieurs forums et réunions nationales sur la question de la croissance et de ses indicateurs, et de la PLANIFICATION ECOLOGIQUE, qui faisait un peu peur à Cyril, mais sur laquelle je reviendrai).
    J’ajoute qu’il existe plusieurs partis et mouvements écologistes radicaux en dehors d’Europe Ecologie – qui elle-même n’a pas une ligne politique définitive et homogène, c’est le moins qu’on puisse dire : les Alternatifs, la Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique, et bien d’autres mouvements « rouges-verts ».
    Maintenant si EE veut (comme on l’a vu aux européennes et aux régionales) faire campagne entièrement sur le dépassement du clivage gauche-droite, sans jamais écrire « gauche » ni « capitalisme » ni « traité de Lisbonne » (et non TCE) sur ses tracts, c’est son problème, mais je doute que cela clarifie le débat pour les citoyens, qui savent que la gauche et la droite, ça existe. Ils savent aussi que l’Union économique et sociale, dont le budget est dérisoire, a livré les territoires européens à la dictature du TEMPS COURT, celui du capitalisme financier et actionnarial, des bénéfices nets trimestriels, des « profits immédiats et de la faveur des médias » (comme le chantait Noir Désir), et interdit aux Etats (comme aux entreprises d’ailleurs, qui pourraient imaginer d’autres modes de gestion) de mener des politiques structurelles dans le TEMPS LONG : un alter-développement moins nocif écologiquement et socialement, et une relocalisation de l’économie (à laquelle sont attachés les écologistes) ne sont pas compatibles avec les dogmes de l’eurolibéralisme – pas d’harmonisation fiscale ni sociale dans l’UE, « concurrence libre et non faussée », libre-échange mondial.
    Ah, le protectionnisme, ça c’est « définitivement ringard », n’est-ce pas Loïc ?! 🙂

  14. « Union économique et monétaire » et « Union économique et sociale »… 😉 l’Europe devrait l’être, économique et sociale, mais ce n’est pas demain la veille avec le traité de Lisbonne et la gouvernance actuelle de l’Union.

  15. devil

    @eric b faut pas déconner, tu proposes quoi? un repli sur la France? ca sert à rien!

  16. @Eric B
    Faire porter à la seule Europe la dictature du Temps court est un peu réducteur. C’est un phénomène global, et qui admet des causes beaucoup plus complexes (mais la pensée de la complexité est peut être incompatible avec l’idéologie).
    Quant à la gouvernance actuelle de l’Union, je rappelle que, le Parlement ayant désormais pouvoir en matière de nomination de la Commission, il suffirai d’une majorité progressiste pour changer beaucoup de choses en Euorope.
    Enfin, je ne pense pas qu’il y ait besoin d’employer à longueur de tracts les termes de « classes », « traité de Lisbonne », ou « capitalisme », pour s’acheter une forme de pureté politique. Malgré son nom, le Parti de Gauche n’a pas le monopole de ce label. Aux dernières nouvelles… électorales, du moins.

  17. @jonathan
    En fait l’expression « Parti de Gauche », même si elle peut sembler prétentieuse, est une sorte d’abréviation, une contraction : dès le début, il s’est voulu le « parti qui construit le Front de Gauche », il avait proposé à ses partenaires du FG (PCF en tête) de créer une structure large d’emblée, avec une organisation nouvelle, de dépasser la forme parti traditionnelle.
    Moi aussi, quand j’étais étudiant, j’étais comme beaucoup ici, je me méfiais des approches radicales, je voulais être raisonnable, modéré… mais en poussant les raisonnements jusqu’au bout, on réalise que nous sommes face à un système impossible à améliorer, à réguler, à moraliser. Nous n’allons pas faire la révolution en une semaine mais il faut penser d’autres horizons, d’autres logiques – toujours respectueuses de la liberté individuelle, c’est la grande leçon de Jaurès, et le PG y tient.
    L’Europe n’est certes pas la source de tous nos maux, mais telle qu’elle fonctionne, elle ne permet pas de résoudre nos problèmes nationaux, en particulier sociaux et écologiques, car son « logiciel » (ça c’est branchouille comme terme, Loïc, non ? 😉 est avant tout néo-libéral et monétariste (c’est-à-dire paradoxalement se priver de l’instrument monétaire dans les politiques économiques).
    L’Europe pourrait très bien se construire, et même mieux fonctionner, sans le traité de Lisbonne : le PG n’est pas souverainiste, il est au contraire internationaliste.
    Enfin, parler de capitalisme ou de classes sociales n’est pas une question de « pureté politique » ni de fétichisme lexical, mais de cohérence intellectuelle et idéologique : il s’agit de concepts à la fois scientifiques et politiques très robustes, que la post-gauche a voulu abandonner pour faire plus « moderne », à partir du tournant libéral des années 80, ce qui l’a coupé de son électorat populaire (comme disait Cyril, parce que les « classes sociales » ne correspondaient pas à la société contemporaine : ah bon, où as-tu vu cela ? la majorité des sociologues pensent que les classes sociales existent toujours, et qu’elles reviennent même en force aujourd’hui).
    La gauche n’est pas là seulement pour pallier les « effets pervers » du néolibéralisme, promouvoir le progrès dans les moeurs, ou la lutte contre les discriminations : elle devrait – à mon humble avis – défendre réellement les salariés modestes, majoritaires dans ce pays, et qui sont donc les véritables souverains du pays, ne l’oublions pas : pas les experts, ni les marchés financiers, ni les médias politiquement corrects, ni la commission européenne… Or cette défense des plus vulnérables s’effectue dans un rapport de forces, c’est un combat quotidien, avec du sang, de la sueur et des larmes, comme disait Winston, et cela au sens propre.
    Allez voir par exemple l’excellent site de l’Observatoire des inégalités, http://inegalites.fr
    Les nouvelles formes d’organisation du travail et de gestion des entreprises et des nations, qui se sont imposées depuis 25 ans à la faveur de l’affaiblissement des idéologies et des organisations de gauche, créent une immense souffrance, et ont un coût social et écologique intolérable. Il faut donc choisir son camp.
    Je doute fort que les Collomb, Queyranne et Aubry (malgré son image actuelle de Mère Courage) soient légitimes pour représenter les catégories populaires, et ils ont prouvé qu’ils n’avaient pas l’intention d’effectuer un virage à gauche, ni localement ni nationalement. Ils ne feront donc du bien ni à l’environnement ni au monde du travail. Le PS, quoi qu’il en dise, est majoritairement d’accord, pour l’essentiel, avec les réformes actuelles sur les retraites (allongement de la durée de cotisation et recul de l’âge de la retraite : qui est vraiment contre au bureau national du PS ?), ou les économies à réaliser dans les services publics : une gestion « rigoureuse », « réaliste », « pragmatique »…
    Cette fois, j’arrête de vous embêter.
    A bientôt

  18. @Eric B
    Sur la lutte contre les inégalités, le second volet (celui-ci constitue seulement) de notre série consacrée au projet de la gauche pour 2012 portera là dessus. A suivre, donc, sur Regards Croisés.
    A bientôt

  19. @jonathan : ne tue pas le débat: faire des renvois vers un billet précis, un éléments précis ok…faire un renvoi vers un blog en général n’est pas un argument dans une conversation. Mieux vaut répondre que de dire « éléments à venir ». Sans vouloir te commander…
    @Eric: Juste sortir des formules du genre « L’europe pourrait fonctionner sans Lisbonne » c’est un peu court. L’Europe sans Lisbonne, c’est l’Europe du traité de Nice…moyen comme genre d’europe. Quand à l’internationalisme du PG, si il est sincére dans le coeur de vos militants, il me semble douteux en pratique: rien de ce qui se fait en Europe ne va en termes de construction et à part quelques solidarités avec le Venezuela ou autres Bolivie on ne voit pas grand chose…
    Quand au fait que le PG soit plus légitime pour représenter les classes populaires, désolé mais les chiffres sont là: on vote bien plus PS dans les classes populaires que PG…Désolé, les faits sont têtus comme disait Lénine.

  20. @Romain: tu as raison, le renvoi général n’était pas judicieux
    @Eric B. donc:
    Je ne pense pas que la lutte contre les inégalités s’effectue nécessairement par « le rapport de force ». Par exemple, une réforme de la fiscalité dans un sens véritablement progressif (alors que la CSG est proportionnelle, et les impôts locaux parfois dégressifs), peu constituer un élément de redistribution (parmi d’autres).
    Plus globalement, il ne faut pas diaboliser et généraliser les méthodes de gestion des entreprises (qui ne sont pas partout inhumaines). C’est, plus globalement, je pense le fait d’être dans une société à statuts, où la peur de tout perdre est très anxiogène (en gros j’ai une situation, et si je la perds je ne la retrouverai pas).

  21. cyril barde

    @Eric: je comprends votre argumentaire, mais vous cédez parfois à la facilité du slogan et de la généralisation.
    Vous n’avez pas répondu à toutes les questions (position du PG et du FG sur le nucléaire, planification écologique…).
    Je continue à croire que:
    – le TCE n’est pas un vrai clivage au sein de la gauche. Les partisans du « oui » et du « non » étaient moins en désaccord sur le fond et les fins que sur les moyens d’y parvenir.
    – le tiers secteur, qui est défendu depuis des années par les Verts (et maintenant EE), est l’une des clés de l’économie mixte et ouverte que nous appelons de nos voeux, et qu’il peut exister à côté d’un seteur privé tarditionnel et d’un Etat fort. Comme en matière d’énergie, je me méfie des panacées et des solutions uniques….
    La radicalité de l’écologie politique n’est pas forcément dans ses mots ou dans le spectaculaire de ses vitupérations, mais dans son analyse de la société contemporaine et dans les propositions qu’elle avance pour la changer.
    Comme l’a écrit Loïc, la quasi totalité des Verts a rejoint EE, qui n’est effectivement pas un mouvement homogène mais traversé par des sensibilités différentes. Je me sens personnellement plus proche de ceux qui souhaitent ancrer le mouvement au coeur d’une dynamique de gauche, dans un dialogue avec les tenants de la transformation écologique et sociale, dont la Fase et les Aletrnatifs. C’est pour cela que j’ai signé le texte suivant, auquel je vous renvoie:
    http://www.europalter.org/post/2010/04/17/Construisons-un-espace-d%E2%80%99%C3%A9changes-pour-une-gauche-de-transformation-sociale-et-%C3%A9cologique

  22. @Cyril & Jonathan : Juste un point : le PCF et le nucléaire ? Ben oui, c’est un point de désaccord, mais les discussions continuent et chacun fait des concessions pour avancer.
    Je n’ai pas des heures et des pages entières à vous consacrer, hélas, mais j’ai été très content d’entamer la discussion avec vous. A bientôt certainement dans l’un de vos débachétibaux.
    @romain : Il est vrai que le PS fait de plus grands scores dans les catégories populaires que le PG : le premier existe depuis 1905, le second depuis fin 2008, le Front de Gauche depuis un peu plus d’un an : difficile de faire un bilan… Mais l’on voit que le Front de Gauche a fait des scores aux européennes et aux régionales doubles de celui du PCF à la dernière présidentielle : on verra comment cela va évoluer dans les prochains scrutins…
    Quant à l’internationalisme, nous nous inspirons directement de Die Linke en Allemagne, et nous faisons tout de même partie d’un groupe au parlement européen, la GUE, Gauche Unitaire Européenne (pour l’historique de ce groupe, voir : http://www.guengl.eu/showPage.jsp?ID=56&LANG=2&ISSUE=0&POPUP=0)
    Et bien vu, Romain, nous sommes en effet très attentifs aux révolutions démocratiques qui ont eu lieu en Amérique latine – pas seulement au Venezuela et en Bolivie, car en fait toute l’Amérique latine a connu des processus comparables : discrédit de la sociale-démocratie, qui s’est dissoute dans les politiques de « modernisation » et le libéralisme (au Venezuela, Brésil, Pérou, Colombie, Bolivie), en réprimant de manière parfois sanglante son propre peuple (comme au Venezuela avec Pérez en 1989, ou en Argentine avec De La Rua, je ne rentre pas dans les détails), avec finalement des alliances sociaux-démocrates-centristes-libéraux, et en réaction la population qui s’est mobilisée dans des mouvements intéressants d’un nouveau type, partis de la base…
    Je n’ai pas le temps de développer, mais je veux juste préciser qu’il n’y a aucune nostalgie guévariste là-dedans, mais un intérêt pour des laboratoires démocratiques – comme on en voyait aux Etats-Unis dans les années 60, en Europe occidentale dans les années 70, en Europe centrale dans les années 80, le Chiapas dans les années 90 (et ils existent encore : le sous-commandant Marcos vient de sortir un livre)…
    A bientôt dans une autre discussion.

  23. @eric b: encore une fois dire « on veut être le creuset de la gauche » et pratiquer l’ostracisme me semble peu cohérent.Sur l’europe dommage tu ne me réponds pas mais force est de constater que systématiquement, le parti de gauche s’oppose à l’Europe sans jamais proner d’alternative autre que « La France ». C’est assez cohérent remarque avec un certain nationalisme dont se réclame Chavez (pas surprenant d’ailleurs que certains vbarrés genre réconciliation nationale le mettent sur les affiches) qui, si il a des réalisations remarquables, comporte des zones moins fréquentables comme son amitié avec la dictature iranienne.Avoir de la sympathie pour une poignée de régimes étrangers ne fait pas de vous des internationalistes: Sans aucunement vouloir vous comparer à eux, pour donner un exemple absolu, les nationalistes serbes ont de la sympathie pour la russie ou le régiome actuel en Ukraine, le FN aimait bien l’Irak de Saddam…
    Reste puisque tu parles de la sociale-démocratie, que l’immense majorité des habitants du continent est à direction sociale-démocrate et non chaviste. Reste que communiste ou PG ou troskystes sont, quelque soient la durée de leur existence, bien moins représentés dans la classe ouvriére que les sociaux-démocrates, quel que soit le pays.

  24. eric b : merci en tous cas de tes commentaites, qui permettent un débat intéressant.

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