Vincent Peillon a-t-il eu raison de bouder l’émission d’Arlette Chabot ?

Peillon Elle a raté son pari. Hier soir en organisant un débat opposant deux droites, celle de Besson et celle de Marine Le Pen sur un thème un peu purulent, espérait sans doute faire un coup d'audimat avec l'argent des contribuables de la redevance. C'est raté, il n'y a eu que 10% à suivre le duel sur France 2. En réalité ce n'est pas tellement ceux qu'on a vu qui ont fait l'actualité mais celui qui n'est pas venu et qui devait s'opposer au ministre de l'immigration en deuxième partie de soirée: Vincent Peillon, qui a expliqué sur son blog pendant l'émission qu'il ne souhaitait pas que lui ou un autre socialiste serve de caution à cette histoire. Et donc qu'il ne viendrait pas.

En prenant ma petite casquette de consultant web, je pourrais faire des lignes sur le clash média entre blog et télé mais je laisse la chose à d'autres, qui le font très bien. Et puis comme Yann je n'ai pas regardé le débat, j'étais pas chez moi. Allez un mot, madame Saint-Cricq de France 2 a dit que cela faisait 20 ans que personne ne lui avait le coup.Il est vrai que dans le champ politique, il est difficile de dire non au médias dominant. Peillon inaugure-t-il une nouvelle phase, résistante à cela et n'empêchant pas de faire parler de soi via les nouveaux médias?

Allez restons sur la question principale: la question est plutôt Peillon a-t-il eu raison ?

Au niveau médiatique sans doute, comme le dit Nicolas, on ne parle que de Peillon ce matin et pas de la prestation du rapatrieur de réfugiés vers des pays en guerre ni de celle de l'héritière du souverainisme nauséabond.Après faut-il en rajouter en demandant la démission de toute l'équipe de rédaction ?

Au niveau du fond de l'affaire, contrairement à Marc, je suis également  d'accord avec lui:l'invitation qui lui a été faite sentait trop le prétexte et le maquillage d'une opération destinée avant tout à racoler et surtout à mon sens à donner un brevet de virginité à Besson en le distinguant du Front National, comme une tentative en trompe-l'œil de dire "regardez ma politique est modérée et n'a rien à voir avec les xénophobes."  Même si Peillon aurait tout aussi bien pu demander d'autres conditions, en l'espèce venir dans cette situation n'aurait servi à rien d'autre qu'à servir la soupe. S'absenter fait réfléchir.

23 commentaires ont été rédigés, ajoutez le vôtre.

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  1. Jérôme

    Monsieur PEILLON manque surtout d’éducation.
    Comme d’ailleurs ceux qui justifient son choix.
    Surtout, c’est faire preuve d’un mépris pour les journalistes (comme pour le débat et la démocratie) proprement scandaleux que de se comporter ainsi.
    Je fais confiance aux journalistes pour s’en souvenir.

  2. gros

    grotesque peillon

  3. Monsieur Peillon, que nous avons rencontré et pour lequel nous avions de l’estime, nous déçoit un peu. Certes, c’est une manière éclatante de « faire de la rupture », mais on sent surtout derrière tout ça une exploitation d’image et une stratégie de médiatisation peu en rapport avec ce que devrait être ce débat. Tout était bien sûr calculé par les conseillers en communication. Pour le reste, l’émission ne volait pas très haut et la deuxième partie ne laissera pas une belle image de la politique française. Quel gâchis !

  4. sur ce coup, Peillon s’illustre par sa couardise, par son égocentrisme et accessoirement par son manque d’élégance … Je l’invite à lire le dossier que la Croix consacre à la politesse dans édition du jour, il y apprendra beaucoup de choses …

  5. sarah

    Moi ce qui me pose problème c’est que c’était prémédité et qu’en plus il le reconnait: http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/01/15/le-coup-d-eclat-de-vincent-peillon-etait-premeditee_1291962_823448.html#xtor=AL-32280308
    Et je trouve grotesque qu’il demande la démission d’Arlette Chabot, je ne vois pas le rapport, elle fait son boulot, et si vraiment la composition du plateau le choquait il aurait fallu le dénoncer publiquement dès qu’il en a eu connaissance.
    C’est une décision personnelle mais qui nuit à l’image des socialistes en général, je trouve ça dommage.
    Les coulisses du clash: http://www.lepoint.fr/actualites-medias/2010-01-15/vincent-peillon-france-2-dans-les-coulisses-du-clash/1253/0/413787
    et la vidéo extraite de l’émission où Arlette Chabot réagit: http://www.dailymotion.com/video/xbv1ba_vincent-peillon-a-vous-de-juger-dem_news

  6. Peillon n’est rien d’autre qu’un petit opportuniste de son temps fait d’images et non de pensée. Un sale gosse. Une sorte de frère besson de Besson, quoi

  7. Alice

    Je suis d’accord sur le constat de Peillon et le piège que constituait cette émission, non pas envers lui, mais envers l’équilibre des opinions données au téléspectateur. Reléguer la gauche à la 2ème partie de soirée est malhonnête.
    Par contre je trouve la méthode mauvaise. La gauche ne peut se résoudre à devoir faire des « coups » pour se faire entendre, d’autant plus que celui-ci est visiblement mal compris. Et puis il n’appartient pas à Vincent Peillon (comme à d’autres) de s’affranchir de l’opinion de la direction du PS sur cette question de participer ou non à cette émission. Un peu de concertation que diable ! On peut décrocher son téléphone à d’autres moments que pour l’organisation de meetings communs, non ?

  8. Je suis surpris par la violence des commentaires contre Peillon. Je trouve qu’il a eu raison de ne pas cautionner une presse minable qui ne sait plus faire autre chose en matière de politique que 1) du sensationnel, privilégiant le spectacle au fond 2) de la copie servile des communiqués de presse de l’Elysée… Peillon a eu raison de ne pas assister au débat, raison de le faire savoir au dernier moment, raison de profiter du système pour accroître sa notoriété…

  9. Il a eu raison de les planter comme ça. La vulgarité de ce débat ne méritait pas plus de politesse.
    S’il avait été présent il serait passé pour un clown au milieu des 2 autres droitistes de service.

  10. micha

    Quoi que puissent en penser mes deux prédécesseurs dans la liste, Vincent Peillon n’a évidemment pas eu raison. En dehors des considérations de courtoisie (quand on est invité on vient ou on se désiste à temps), ce n’est pas cautionner un débat (ou un contradicteur ou une politique) que d’y participer.
    Est-ce que Vincent Peillon n’a donc rien à dire sur l’immigration ? sur les expulsions ? sur ce débat (aussi politicien soit-il) sur l’identité nationale ? Il me semblait que le PS allait pour une fois faire une proposition courageuse en demandant le droit de vote pour les étrangers (les Européens l’ont, ce qui n’a pas encore coulé la France que je sache, alors pourquoi les Arabes qui travaillent et paient leurs impôts ne doivent pas l’avoir). Vincent Peillon n’a donc rien à dire là-dessus ?
    Et non seulement, il n’a rien à dire, aussi empêche-t-il délibérément d’autres socialistes de défendre une position humaniste face à ces deux politiciens, qui méprisent l’être humain par pure calcul électoral.
    Et demander en prime la démission d’une journaliste, voire de toute une rédaction est d’un pathétique.
    Non, Vincent Peillon n’a pas raison. Il a simplement voulu faire parler de lui. C’est réussi. Mais pas en bien.

  11. Thibaut Boudaud

    C’est plutôt Arlette Chabot elle-même qui a voulu faire un coup en organisant ce débat, mais avec à peine 3 millions de téléspectateurs elle n’a pas réussi.
    Alors elle peut remercier Vincent Peillon de faire un peu de pub pour son émission!

  12. Je n’ai pas de sympathie particulière pour Peillon – c’était en 2005 un noniste – mais je trouve qu’il a bien joué sur ce coup là en sabotant autant que possible l’abomination télévisuelle d’hier soir. Peut être s’est il inspiré des pratiques de Royal en la matière ?
    Il eut été regrettable qu’un socialiste se soit prêté à cette manoeuvre de propagande gouvernementale.

  13. Entre la balance de la répercussion médiatique: j’y vais pas en balançant un msg sur mon blog agrémenté d’1 dépêche AFP et j’y vais, je dis ce que j’ai à dire et ensuite je me retire du plateau, laissant Chabot, la girouette et la fachiste (mode GodwinOFF) déglutir tous seuls leur soupe abject ? Personnellement je vote pour la seconde. Ne pas y aller était je le pense, vraiment stupide, les mots face caméra sont plus forts qu’assis dans un bureau à rédiger un communiquer, les absents ont assez souvent tord.
    C’est mon point vue et il n’est pas dogmatique 😉

  14. henriette

    un changement notoire : on nous donne à penser. Prenons le temps de penser. Sortons de la course médiatique.
    Et aussi intéressons-nous ax débats contradictoires parmi les journalistes et les rédactions diverses.
    On voit maintenat des partis politiques, des personnalités politques qui agissent différemment vis à vis des médias.
    ce qui les rapprochent de posiiotns de certains journalistes et chercheurs sur la com ou l’info. La joute comme un sport ou le débat démocratique.
    Et quand le débat est considéré comme biaisé voir dangereux. Il reste le combat. La résistance. Et stop à la discussion déjà connue, qui a eu lieu etc.
    Nous sommes dans cette phase de prise de conscience démocratique et dans la phase où on voit l’engagement por le débat démocratique et surtout la prise de position et le combat.
    C’est notre contexte politique, la négation de l’opposition gouvernementale qui le provoque.
    c’est sain.
    Mais svp, arrêtons-nous et pensons. Car il se passe des tas ce choses à bas-bruits.Enrichissons ce bas-bruit, cette transformation silencieuse dans notre – encore – démocratie. Et ceci émerge dans cet évènement. Cet acte aura cet avantage.

  15. romain
    simplement, pour revenir à ta question, Peillon a lamentablement ridiculiser le politique et la politique et cela ne va pas inciter les citoyens a aller voté aux régionales.
    Tous ceux qui participent à des débats télévisés savent à l’avance les conditions de participation.
    De toute façon, il me semble qu’aucun membre ou militant de parti politique répucain ne devrait participer à des débats avec Le Pen dont les ançètres pas si lointain ont servi le régime de Vichy.
    Gaullistement; Claude JEANDEL.

  16. Moi non plus, je n’ai pas regardé ce débat. J’étais chez moi, mais outre le fait que je n’allume plus la télé, la perspective d’assister à une mise en valeur de deux droites aussi rebutantes l’une que l’autre, la sarkoziste et la lepeniste, me laissait indifférent. C’est pourquoi j’applaudis le coup porté par V. Peillon aux troubles calculs des organisateurs et du ministre. Dans un contexte républicain aussi perverti que le nôtre depuis l’installation de N. Sarkozy, la lutte politique s’est durcie, il n’y a aucune raison de la pratiquer avec complaisance. Les responsables du service public chargés de cette émission méritaient largement le camouflet.

  17. baillergeau

    Peillon aurait du aller au combat, expliquer en direct la manip de Chabot, dresser un portait de Besson et de la fille Le Pen justifiant le refus de débattre.
    Pour y arriver, il faut la niac de Tapie(*)
    Pourquoi à gauche, n’avons nous plus de leaders ayant la niac ? Question idiote…
    (*) Pour ceux qui ne savent plus, Tapie était un voyou qui plaisait à Tonton et qui était de gauche comme ma fourchette.

  18. Jerome Manin

    La stratégie politique donne raison à Vincent Peillon, s’il n’y a pas de débat sur les régionales, les socialistes en place ont toutes les chances d’être reconduits.
    Ce n’est pas d’une élégance folle mais ça paye.

  19. Yann

    Ouf, j’ai presque pensé que j’étais le seul à avoir zappé ce débat.

  20. Julie BBG

    Peillon est un responsable politique et c’est à ce titre qu’il se devait de participer à ce débat, aussi grossier soit-il. L’absence fait réfléchir? Pour moi, c’est une forme d’impuissance.

  21. Bravo Peillon ! On doit rappeler que la mission de service public consiste à informer les citoyens et non monter des spectacles de cirque.
    Le problème c’est qu’il faut un clash de ce genre pour y parvenir.

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