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Lyonnitude(s) : janvier 2009

Bientôt je vais célébrer le mariage de quelqu’un de très proche, dans le village de la Drôme de Sauzet, prés de Montélimar.Comme je ne suis officier d’Etat Civil qu’à Lyon, je dois demander une dérogation, afin de pouvoir prononcer le mariage devant les promis, même si les papiers se doivent d’être trés officiellement griffés d’une marque d’un élu local.Alors j’ai écrit ma demande pour les mariés.La fille est née à Lyon, et pour cause…L’autre est d’origine russe, de Moscou, de Moskau…

Tout un poème quelque part: Moscou, capitale de l’empire russe, de l’URSS du monde communiste puis épicentre incertain et colérique qui fait peur.

La fascination pour la cité éternelle de l’âme slave ne date pas d’hier.L’Empereur Napoléon investissait son esprit de couronnement glorieux de ses légions impériales = au XIXe siècle.Au milieu du suivant, un être encore bien plus tragique enseveli ses rêves d’ordre nouveau et national dans les limbes neigeuses et la résistance de l’armée rouge, de l’hiver russe et de l’héroïsme du bouclier de Stalingrad.

Ville d’écrivains, de penseurs et de héros, de maquereaux et de mafieux,de pouvoir et de salauds, métropole d’un vaste empire, fière cité impériale, Moscou est un théâtre d’ombres, de musiques et d’écrits, enceinte de la plus mélancolique des littératures européennes (si elle n’est comparée à sa cousine portugaise).Abri de Pouchkine,de Dostoievski de Tchekhov et plus récemment de Makine et de Fédorovski, réceptacle des mélodies de Kosarkov, la ville fascine de sa  fourmillante existence, du gigantisme impérial qu’elle diffuse, du parfum de corruption qui se conjugue dans les dédales se sa puissance.

Jack Womack opposait illusoirement les deux en affirmant qu’à Moscou « Plus un établissement est chic, moins il sent l’urine ».Cela est faire bien peu de cas des différents systèmes qui ont gouverné la capitale éternelle des Tsars, mettant derrière sa grandeur éternelle et souvent des plus cruelle, la saveur et l’odeur rancie des chairs tuées ou prostituées, condamnées pour la gloire soviétique ou  nationale ou plus pragmatiquement vénale, plus simplement financière.

Ville d’occident, ville d’Europe sans se vouloir ni complètement européenne ni en aucun cas occidentale mais simplement capitale d’un peuple glorieux et parfois cruel dans sa façon de l’être, la cité fut pendant longtemps dans le siècle dernier le symbole totalitaire et dictatorial d’un point cardinal dangereux.Ce fut l’est dans lequel les partisans d’une société injuste occidentaux renvoyaient les amis, mêmes strictement démocrates d’un monde plus égal.C’était la capitale bien réelle mais aussi bien pratique pour les ennemis de la justice sociale d’un empire du mal rouge dont la dictature, réelle et tragique, justement dénoncée, valait négation de la nécessité de tout progrès  pour les réactionnaires.

Mais bien plus que cette humanité étrange, ce cosmopolitisme de différents peuples lointains, cette politique lourde et dure, c’est aussi Moscou la fêtarde, Moscou de la fêtes et des belles filles, Moscou-Moskau la décadente célébrée par Rammstein à laquelle j’ai aussi pensé, autant qu’à la ville fantôme de la campagne de Russie napléonienne ou celle des vieilles commères de la ville évoquées par Tolstoi.

C’est à tout ça que j’ai pensé en écrivant Moscou.Mais y’a des chances que tout ça soit moins solennel lors de ce mariage.Tiens on y passera peut-être ce vieux morceau allemand rigolo (et injustement méconnu!) de l’eurovision 1979 qui sait ? Mais ça fait toujours quelque chose, pour le rire, les larmes, le rêve ou le cauchemar d’écrire quelque part Moscou.

Dschinghis Khan – Moskau (sous-titré)
envoyé par djikstra