• 9849-xxx-xxx
  • noreply@example.com
  • Tyagal, Patan, Lalitpur

Lyonnitude(s) : Michel Rocard veut remettre la France au boulot en nous permettant à tous de travailler

Michel Rocard veut, pour que la France travaille plus, que nous travaillons tous.

 « Nous travaillons quelque 38 milliards d’heures en France chaque année. Vu le nombre de chômeurs – près de 2,9 millions – il est urgent de passer à 41 ou 42 milliards d’heures collectivement » a-t-il expliqué dans les colonnes du Monde. « Mais pour que chacun ait sa place sur le marché du travail, il faut tomber à moins de 35 heures par semaine. Et c’est d’autant plus nécessaire que la durée de vie s’allonge ».

Je l’ai déjà dit, Michel Rocard, ( qui est par ailleurs dans un projet de disque !) fait partie de mon panthéon politique personnel. J’étais, malgré un encadrement pas des plus engageants dans le Rhône, des tous derniers temps des rocardiens du PS, lorsque la chose existait encore, avant que nous nous fondions dans une démarche autour de DSK.

Encore une fois, comme dans d’autres notre ami Rocard, socialiste et protestant a raison.

Il me semble qu’on peut dépasser intelligemment le débat du plus de travail pour la compétitivité de l’économie et du moins de labeur pour mieux vivre et surtout pour vivre tous en dehors du chômage… Quitte également à penser l’âge de la retraite avec la pénibilité pour gérer tout cela, à annualiser les temps de travail pour moduler selon les besoins, à moduler les montants cotisations patronales horaires en fonction du temps global par salarié.

D’ailleurs Rocard proposait déjà d’aller directement au 32 heures dans un ouvrage qui fit du bruit à l’époque, sorti au moment des législatives remportées par la gauche, avant les 35 heures des lois de Martine Aubry. Il s’agissait de lancer des négociations avec le patronat afin de moduler les cotisations sociales selon les heures travaillées. Objectif: Rendre possible les 32 heures ET la compétitivité.

Le projet, si il fut combattu par la branche réactionnaire des corporations syndicales incarnées par le Baron Ernest-Antoine Seillières et plus tard Parisot, intéressa une forte frange intelligente du patronat. Ce fut une autre approche qui fut choisie par Martine Aubry. Il faut dire qu’au même moment, le principal syndicat de patrons français tombait dans une surenchère politicienne et conservatrice duquel il n’est pas encore sorti au niveau national, ce qui rend d’ailleurs d’autant plus méritoire le pragmatisme de sa branche lyonnaise.

Aujourd’hui nous pouvons travailler plus collectivement, vivre mieux, produire plus de richesses, être plus compétitifs tout en repensant pas mal de choses sur le fonctionnement du travail, permettre aux chômeurs de vivre d’une activité. Ca semble beau ? Trop pour être vrai ? Et si le gouvernement et le MEDEF national arrêtaient le dogmatisme ? Là j’en demande peut-être trop, il faudra peut-être attendre un autre gouvernement et un patronat plus moderne… mais ce serait beau si on trouvait les voies de la discussion ?