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Lyonnitude(s) : Viens squatter chez moi…Regards Croisés

Bonjour à tous et merci à Romain de nous avoir invités à squatter sur Lyonnitudes.

On va faire un squattage simple, qui reflète sans fioritures notre démarche sur Regards Croisés . En gros, nous sommes deux étudiants lyonnais, dans le 7ème, à Normale Sup (vous savez le gros bâtiment tout fermé qu’on voit en sortant du métro Debourg). Militants respectifs des Verts (Cyril Barde) et du PS (Jonathan Guémas), on essaie de proposer quelques pistes pour donner à la gauche, appelée à gouverner unie et solidaire, un projet commun pour 2012. Ou, au moins, un espace de débat. Alors, c’est vrai que les articles peuvent parfois paraître longs, mais la longueur, corollaire de la complexité, est bien souvent nécessaire.

Ce squattage est aussi l’occasion pour nous d’annoncer que la première des rencontres de Regards Croisés aura lieu le jeudi 20 mai, sur le thème de l’Université, au bistrot chez Thibault 80 rue Montesquieu (toujours dans le 7e), et accueillera entre autres (c’est une exclusivité Lyonnitudes), Philippe Meirieu, vice-président de la région Rhône Alpes à la formation continue. Nous vous attendons nombreux.

En attendant, un petit article qui présente trois des grands axes sur lesquels nous pensons que la gauche doit affirmer son identité, sans se voir imposer son agenda setting par la majorité actuelle. Il comporte bien sûr des banalités, mais ce sont ce sont ces banalités qui sont actuellement battues en brèche par le pouvoir.

La gauche de demain sera écologiste.

Le projet de la gauche rassemblée ne peut faire l’économie du paradigme écologiste s’il veut être en phase avec les grands enjeux du XXI° siècle. A l’heure où urgence écologique, urgence sociale et urgence démocratique sont plus que jamais liées les unes aux autres, les réponses politiques doivent être complexes et globales.

Il s’agit de proposer un nouveau modèle de développement, en rupture avec le productivisme, l’idéologie de la croissance à tout prix et le tout marché. Un modèle de développement durable, soutenable, solidaire et convivial qui remette la politique au cœur de la Cité et l’humain au cœur de la politique.

L’écologie politique, un projet de justice sociale et de solidarité

Alors, Partons de constats simples:

– 20% de la population mondiale consomme aujourd’hui 80% des ressources naturelles de la planète. – En France, en Inde au Brésil… les premières victimes des pollutions, de l’augmentation du prix du pétrole, de la mal-bouffe et des maladies dites de civilisation sont les catégories sociales les plus fragiles.

A l’échelle locale, nationale et internationale, la question écologique n’est donc pas dissociable de l’inégale répartition des ressources et des richesses. L’exigence de solidarité et de partage est par conséquent au fondement même du projet de l’écologie politique. La taxe carbone telle qu’elle était prévue par le gouvernement a montré l’aberration d’une fiscalité qui ne tient pas ensemble la nécessité de justice sociale et d’efficacité environnementale.

L’écologie politique, un projet de société alternatif

Reconvertir l’économie vers des activités respectueuses de l’environnement et de la santé des personnes, développer les secteurs coopératif et associatif, mettre en place les parcours de formation nécessaires, c’est dessiner les contours d’une société qui refuse la compétition permanente de tous contre tous mais qui ne renonce pas à créer des emplois durables et non délocalisables.

Relocaliser les échanges (dans le secteur agricole, s’appuyer par exemple), favoriser les circuits courts, libérer la ville du tout-voiture pour en refaire un lieu de vie en commun, c’est (re)tisser du lien social là où ne comptent que l’accumulation infinie des biens. L’écologie politique permet de créer des lieux, de penser des moments où il est de nouveau possible de faire société.

L’écologie politique, un projet d’émancipation

Les sociétés contemporaines, entrées dans l’ère d’Internet, du numérique et soumises au culte de la performance, sont plus que jamais placées sous le signe de la vitesse et de l’accélération. Comme l’écrit Gilles Lipovetsky dans Temps contre temps ou la société hypermoderne, « il n’y a pas seulement accélération des rythmes de la vie, il y a conflictualisation subjective de la relation au temps. Les antagonismes de classes s’émoussent, les tensions temporelles personnelles se généralisent et s’aiguisent ».
Face au mal-être que génère une société de plus en plus anxiogène et exigeante, l’écologie politique porte un projet de décélération. Se ressaisir de notre temps, vivre moins vite pour vivre mieux et vivre vraiment: c’est un enjeu fondamental qui doit animer la réflexion de toute la gauche d’ici 2012.

Une politique des temps de vie est l’élément central de toute politique de civilisation à venir. La question de la réduction du temps de travail doit être abordée sans tabou. La lutte contre l’étalement urbain, le développement massif des transports en commun sont aussi des leviers importants en la matière. Il ne faut pas oublier non plus les champs de la formation tout au long de la vie et de l’éducation populaire.

L’écologie politique, parce qu’elle rompt avec les injonctions à la compétition, à la vitesse, à l’accélération et à l’urgence permanente, propose un vaste mouvement de décélération pour ne plus perdre son temps à en gagner. On le voit, il s’agit aussi d’une démarche de santé publique dans une société « psychiquement fatiguée », selon l’expression de Jean-Paul Delevoye, médiateur de la République.