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Libération: racial avant d’être social ?

Je viens de me désabonner de Libération que je lis depuis mes 12 ans et auquel je m’étais réabonné il y a quelques années. La une de ce jour comptant le nombre de personnes de « couleur blanche » et le genre des membres des cabinets ministériels m’a littéralement écœuré.

Le comptage racial non.Définitivement. Je refuse que qui que ce soit dans notre société soit traité uniquement sous l’angle de sa naissance, de son sexe etc… J’ai d’ailleurs trop souvent vu en politique les listes et les candidatures se faire sur divers comptages fort peu républicains…

On m’a souvent d’ailleurs fait le reproche pendant les constitutions de liste d’être blanc et mâle. On le fait moins quand il ne s’agit pas de places. Curieux. La politique est l’un des rares domaines où l’on peut vous discriminer officiellement et avec bonne conscience.

Partisan d’une république qui reconnait toutes les différences, je ne puis ou ne doit pourtant m’excuser de ma naissance.C’est avec cela que la République crève, de la réduction de chacun à son identité. Mais comme le dit mon amie Nelly, pourquoi penser quand on peut se contenter de compter.

Oui il doit avoir des mesures qui contribuent à renouveler et diversifier le personnel politique., même si nombreux sont ceux qui récupèrent ces quotas purement pour leur carrière. Nombreux sont aussi les talents à passer par-dessus bord car n’ayant pas le bon sexe, la bonne couleur pour remplir les fiches à quotas.  Même si il en faut, jusqu’à du moins à ce qu’il n’y aie plus besoin de ces mesures, ce qui marque l’erreur entre parenthèses, d’avoir inscrit la parité dans la constitution plutôt que la loi. J’ai d’ailleurs à titre personnel laissé nombre de mes responsabilités à des femmes et/ou des personnes issues de ce qu’on nomme les minorités visibles.

Mais cette grille ne doit pas être l’alpha et l’oméga de tout. Ou alors devrais-je préférer Monsieur Hortefeux à Madame Taubira parce que je suis un homme blanc comme l’ancien ministre de Sarkozy ? Je m’y refuse évidemment. C’est d’abord le clivage politique qui prime.

Je refuse également pour l’instant de continuer à être abonné à un journal qui le pratique de façon hardcore, en passant les gens au test de pureté raciale pour la jouer jusqu’au boutiste. Qu’on se pose la question de l’ascenseur républicain, de la méritocratie, du travail et des légitimité plutôt que d’exiger des quotas. Et pourtant d’ailleurs les partis, enfin surtout le PS, font pour la première fois un effort en la matière.

Comme le dit à juste titre Politeeks avec d’autres mots, c’est plutôt sur les questions d’accès et de questionnement de la légimité culturelle, de la fermeture des élites à d’autres couches sociales et culturelles que l’on aurait aimé entendre ce journal. On aurait pu se demander pourquoi il faut tel type de profil pour accéder à tel type de fonction, le questionner, penser à l’ouverture de ces accès, à d’autres légitimités. Ce qui n’est pas le cas ici dans le dossier qui nous est présenté…

Le social, l’accès à tous plutôt que le comptage racial. La solidarité et la répartition plutôt que la race. J’ai l’impression d’avoir Minute entre les mains, ce journal qui ne laisse jamais de rappeler, comme le fait ce soir le soi-disant plutôt libertaire Libé,  chacun à son origine.

Salut Libé, pour au moins quelques temps. J’espère que tu vas t’arrêter ainsi avant de dresser des listes de noirs et/ou de juifs  toi qui te dis pourtant contre le fichage. Et au fait t’as compté les blancs, les jaunes, les noirs, les gays et les hétéros chez toi ?

Et j’allais oublier, toi qui a l’air expert en racialisme:

c’est quoi un blanc ?

Billet repris sur le site de l’hebdo Marianne