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Les après-matchs d'Algérie | Romain BlachierRomain Blachier

De nombreux comptes twitter de diverses mouvances de droite et d’extrême-droite hier étaient sur le pied de guerre, dans l’attente de pouvoir capitaliser sur des dérapages de supporters après la qualification de l’Algérie. C’était l’aube d’une nuit agitée mais globalement maîtrisée par les forces de l’ordre même si quelques hélas dégâts matériels (quelques abribus et trois scooters abondamment filmés d’une enseigne de sushis) toujours en trop sont à déplorer. En tous cas sur Lyon car dans d’autres villes la situation fut bien plus critique en matière de dégats, Et qu’il a fallu disperser des excités voulant jouer à cache cache avec la police et causer des nuisances plutôt que de supporter leur équipe.

Des incidents minoritaires mais réels, pénibles et condamnables

Chacun des incidents est sur les réseaux sociaux, comme vis à vis des médias, monté en épingle par des militants d’extrême-droite utilisant ces incidents comme une manne tombée du ciel pour leur bénéfice personnel à capitaliser pour leurs petites personnes. Quitte à inventer certains incidents comme l’histoire à Lyon d’une église brûlée à la Duchère histoire de faire monter les tensions.

Le tout certes fond de fête mais aussi, comme on l’a dit, de dérapages réels et de personnes excédées par des klaxons qui se sont prolongés fort tard, empêchant pas mal de monde de dormir. Au final les dégâts réels ont été faibles à Lyon (même si ils ont été de trop et doivent être sanctionnés), la fête grande mais ce sont surtout les dérapages et les incivilités sonores commises par certains supporters ou pseudos supporters qui ont marqué les esprits. Et de possibles confrontations avec des mouvances extrèmistes qui ont amené des commerçants de la Guillotière à fermer ce soir là.

Un lourd dispositif de conversation pour noircir encore plus la situation

Le dispositif mental mis en place sur les réseaux sociaux était hier le suivant: toute personne ayant des idées progressistes se voyait soupçonner de cacher de vrais problèmes, y compris par des personnes situées à des centaines de kilomètres et n’ayant aucune idée de la situation réelle sur place. Toute personne expliquant que, oui, des dégâts matériels étaient à constater, que c’était toujours cela de trop et qu’il fallait interpeller les coupables mais que l’ambiance était surtout à la fête et que la police arrivait à faire le job, se voyait accusée de mensonge ou d’excuser les casseurs. Comme si on pouvait se réjouir que des abrutis commettent des actes délictueux en profitant d’un match. Une ambiance lourde comme du plomb dans l’aile de l’oiseau bleu de twitter. Et qu’il fallait cacher absolument aussi certaines scènes émouvantes des supporters.

Une ambiance aussi malsaine donnerait presque envie d’être pour l’Allemagne la semaine prochaine pour qu’on repasse à parler des violences sociales, qui gangrènent bien plus durablement notre pays et qui sont bien plus excusées. Presque puisque l’Algérie a aussi une revanche en football à prendre sur ce pays. A titre personnel je n’ai de préférences que pour les équipes de France et puis du Cameroun et les diverses du Royaume-Uni. Une victoire allemande n’est en tout cas pas souhaitée par eux qui espèrent de nouveaux dérapages sur lesquels capitaliser.

Mais une victoire allemande qui n’enlèverait pas la question à terme des modes d’expression de certains supporters dans l’excès d’incivilité. Il est d’ailleurs difficile, dans une foule joyeuse, de toujours contrôler les excités. Que ce soit en France mais aussi en Algérie où la nuit ne fut pas non plus de tous repos. Et qui ne règle pas, comme le pose le Matin d’Alger, du destin de ce pays. Comme les questions des bleus ne posent pas la question de la France.