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Lyon Capitale ressort en ce moment des archives d’il y a vingt ans. Et aujourd’hui c’est un zoom sur une affaire que j’ai bien connue qui est le sujet puisque j’y étais : celle d’un commando d’une trentaine d’étudiants qui ont envahi le bureau du Président de l’Université Lyon 3 quai Claude Bernard.

L’université Lyon 3 en 1998 était un refuge pour la branche la plus extrême de l’extrême-droite française

Nous voulions protester contre des écrits d’extrême-droite publiés par l’Institut d’études indo-européennes situé dans les locaux de l’Université et qui servait de lieu d’emploi et de recrutement pour la branche la plus racialiste de l’extrême-droite française. Une extrême-droite tellement dingue qu’elle en était à considérer  qu’il fallait découper notre pays en plusieurs pays parce que les racines des gascons n’étaient pas les mêmes que ceux des lyonnais. Une extrême-droite qui nous expliquait que les chambres à gaz ça n’existait pas et qu’on mourrait en fait juste de maladies accidentelles dans les camps de la mort. Une extrême-droite qui prônait la séparation des races ( à noter que de ce point de vue là Bruno Gollnisch, chef de l’aile dure du FN actuelle, qui enseignait aussi dans cette université, passait sans doute pour un modéré). Une extrême-droite qui ne cantonnait pas ses délires à la France ou à l’Europe puisqu’elle niait, en plus de la Shoah, le génocide rwandais avec la théorie du double génocide soutenue par les génocidaires hutus.

Bref nous avions envahi le bureau du Président de l’Université, Gilles Guyot pour attirer l’attention sur ce problème couvert par de nombreux notables

A l’époque nombreux étaient les notables lyonnais à droite notamment qui ne disaient rien de cet institut voire le soutenaient. Mais c’était pas les seuls : je me rappelle être tombé pendant une occupation de la fac, celle là ou une suivante, sur un soutien du président aujourd’hui élue de gauche à la Métropole de Lyon. Et nous étions un groupe d’étudiants de divers groupes venus pour dénoncer ce silence et dormir dans le bureau du Président afin d’attirer l’attention des médias, malgré les nombreuses pressions reçues. La presse s’est du coup penchée sur le cas de cet institut qui fut dissous quelques temps plus tard.

Finalement l’institut extrêmiste fut dissous

Nous avions gagné, même si, quelle honte, Gilles Guyot, ce Président si à droite, si soutien de l’extrême-droite négationniste qu’il faisait financer leur revue par des fonds de l’université, fut décoré par le Ministre de gauche de Jack Lang. Je me rappelle de Guyot en train de nous adresser un doigt d’honneur quand nous avons manifesté contre cette remise de Légion d’Honneur. Je me rappelle aussi que parmi le groupe de soutien au Président de l’Université et aux menées racistes de l’institut il y avait deux futurs maires LR élus aux dernières municipales.

Aujourd’hui il est de bon ton et de tirer profit politiquement de dire qu’on a jamais milité de sa vie, qu’on a pensé qu’à soi auparavant, qu’on a pas été engagé. Moi, même si cela ne m’a rien apporté, comme la plupart de mes actions militantes, je suis fier de ce qu’on a fait ces jours-là.

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