Menu

USUL “Tu es fou tu va tomber dans la gueule du loup !” on m’a dit. J’ai répondu que moi je n’aimais pas parler entre convaincus.

J’ai accepté avec plaisir  l’invitation du célèbre Youtubeur de gauche radicale (ou d’extrême-gauche selon les définition) Usul pour sa vidéo hebdo “Ouvrez les Guillemets” qu’il réalise pour le compte de Mediapart. Ceci dans le cadre d’un interview dont quelques séquences seront montées sur un documentaire évoquant les luttes sociales. Et peut-être une version plus longue présentée à côté. La vidéo sera diffusée ce lundi. Et Usul est un youtubeur très regardé et son travail suscite beaucoup de réactions.

L’exercice n’est pas facile : il s’agit d’être un peu la voix de LREM, avec une forte touche de ma sensibilité personnelle qui peut différer, dans une vidéo ayant pour but de soutenir les mouvements sociaux.

J’aime bien Usul personnellement et nous avons déjà fait quelques soirées ensemble, malgré nos divergences (mais aussi convergences politique). C’est quelqu’un de cultivé et sympathique.Mais c’est justement encore plus dangereux pour cela : la férocité ou du moins l’adversité peut être davantage existante pour éviter toute accusation de connivence dans une émission où le public est de toute façon très hostile à d’autres étiquettes que celle de la gauche radicale. Ceci de plus dans un contexte de tension sociale.

La politique n’est pas un diner de gala

Forcément les questions étaient plus intéressantes mais aussi des plus, je ne dirais pas virulentes puisque la conversation a été des plus cordiales, on va dire des moins favorables à la ligne politique qui est celle de mes amis, cherchant l’angle de désaccord, le défaut de cuirasse, le porte à faux pour moi qui suis de gauche au sein de LREM, opposant deux grilles de lectures ne se comprenant pas toujours. C’est logique, c’est normal, nous sommes deux militants et on était pas là pour la brosse à reluire. J’ai dit fidèlement ce que je pensais.

Je ne sais pas ce qui va en être retenu au montage dans une vidéo à charge de combat politique et je n’ai demandé et je n’avais pas à demander un droit de regard. Je sais bien sûr que le public d’Usul, très engagé n’est pas forcément bien intentionné en ce qui concerne ce qui diffère de lui. Comme tous les publics engagés.Il me faudra ne pas trop aller voir les commentaires, les tweets et relativiser, tout comme j’essaie de relativiser quand des parents melenchonistes refusent d’inviter mes enfants à un goûter d’anniversaire parce qu’ils sont mes enfants et autres joyeusetés du sectarisme ordinaire qui me frappent dans mes activités et vie personnelle.

Il ne faut jamais hésiter à porter ses convictions partout et c’est ce que j’essaye de faire dans la vie comme sur le web. C’est d’ailleurs ce que trop de mes collègues élus lyonnais, quand ils ont des opinions, ce qui n’est pas toujours fréquent, ont trop souvent peur de faire. Grand bien leur fasse dans leurs carrières et confort, et puis ils prennent moins de coups que moi. Mais il me semble que c’est aussi notre rôle de militants politiques que de dire ce que l’on pense.

Je pense que c’est d’ailleurs pour cela que vous êtes nombreux, que vous soyez d’accord sur tout ou pas avec moi, à me faire confiance dans mes activités d’élu et de militant, qui sont deux choses parfois complémentaires, parfois différentes.

En tous cas quel que soit le résultat, merci à Usul, à Contentin et à leurs équipe pour l’invitation. Et de manière plus générale, pour la qualité de leurs vidéos. Et à demain.

Romain Blachier

Je vais continuer d’avoir la grosse tête : en un message sur Telegram je suis mentionné plusieurs semaines de suite dans les Potins d’Angele. Et on ne titre même pas ma caricature : le journal estime que le petit élu que je suis n’en a pas besoin pour être reconnu, même si ils le dessin me grossis un peu. Par contre c’est mal me connaitre que de penser que j’aime le silence.

Parler de réparer un lien ce n’est pas violer la laïcité, c’est juste établir un dialogue. Parler de la réalité des églises au quotidien qui comportent aussi des personnes homosexuelles ou ayant avorté n’est pas non plus une mauvaise chose et ne veut pas dire similratié de vue sur la question du droit à avorter ou des LGBT.

Depuis ce matin on voit nombre de milieux d’extrême-gauche s’émouvoir de l’expulsion des derniers zadistes de Notre-Dame-des-Landes. La chose était pourtant prévue de longue date et nombre d’occupants des plus sérieux à cette lutte sont déjà repartis sur d’autres terrains de combat, sont rentrés chez eux. D’autres explorent des voies légales pour continuer l’expérience collective menée.

Mais ils reste aussi une minorité qui veut rester alors que la lutte contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est terminée et gagnée. Que le gouvernement a pris une décision que personne n’avait voulu prendre ces dernières années. Une minorité qui a envie de belles images de “résistance” sur les réseaux sociaux. Qui demande à ce que la terre des agriculteurs qu’elle squatte  leur soit remise pour rien. Qui bloque les routes employées par les habitants. A cette minorité il a été signifié plusieurs fois qu’il faillait partir. Certains sont partis. Et aujourd’hui, fort logiquement et sans surprise, se déroule l’expulsion.

 

Demain jeudi avril à partir d’environ 19H30 jusqu’à minuit je mixe à l’indo café sous ma casquette Guille Kong pour le compte de l’ONG Meliponi. Voici un petit extrait des sons à venir. Entrée libre.

Grève SNCF. Je suis, comme beaucoup d’autres français, affecté par la grève des cheminots de la SNCF. Certes l’essentiel de mes transports se déroulent au sein de la Métropole de Lyon et pour la plupart à l’intérieur de la ville de Lyon, où je circule surtout à vélo. Du coup ma vieille bicyclette d’occase ne se met pas en grève, sauf quand on m’a esquinté ma selle ou mes freins.

Mais il m’arrive de monter à Paris. Pour des raisons d’engagement. Ou, comme aux collègues du service d’innovation auquel j’appartiens, pour le boulot. Et là en effet, il ne m’est pas possible de monter à Paris pour certains projets pros que je mène ou certains combats que j’ai.

Je pourrais alors avoir deux options:

-Gueuler contre cessalaudsdegrévistesquibloquentlaFrance et la prennent en “otage”

-Etre solidaire des grévistes de la SNCF quidefendentnosdroitsaveccebeaumouvementsocial

En fait je n’arrive à être ni l’un ni l’autre.

Grève SNCF : nous ne sommes pas dans une prise d’otage

Déjà, parce que je l’ai dit, j’ai horreur de l’expression “prendre en otage”. La gréve SNCF n’a enlevé personne, menacé de tuer personne. Il y a quelques jours un Lieutenant-Colonel des plus courageux, Arnaud Beltrame, est mort pour sauver des otages face à une ordure islamiste armée. Mettre cet événement sur le même plan qu’un mouvement social est délirant.

Ces gens de la CGT font un rapport de forces. Tout comme le directeur de la BNP ou celui de la Société Générale font du rapport de forces sans que l’indignation soit si grande, lorsqu’on cherche à réguler la finance ou le PDG de Lactalis lorsqu’on veut qu’il paye le lait correctement aux paysans. Ces gens qui font grève le font parce que ils se considèrent menacés. Parce qu’ils sont attachés au statut cheminot, un statut dont la disparition n’amènerait d’ailleurs pas de meilleures conditions de travail pour ceux qui en applaudissent la disparition.

Une grève SNCF qui en même temps repose beaucoup sur des fantasmes

Et en même temps je n’arrive pas à être solidaire  du mouvement. Parce que la base de grève des cheminots repose pour beaucoup sur des choses qui n’existent pas. Parce que le gouvernement a prévu non pas d’abandonner le rail mais d’y injecter 36 milliards. Oui 36 milliards. 10 millions par jour ! Tu parles d’une casse du service public ! Les cheminots pourront garder leurs droits et absolument aucun licenciement n’est programmé. Enfin aucun plan  de privatisation n’est prévu dans les mesures contre lesquelles les cheminots font grève.

Si on pouvait trouver un peu de mesure dans cette grève SNCF, ça pourrait être pas mal. Et faire avancer un peu le pays

otages-sncf

Moi aussi je trouve certaines des raisons avancées par les cheminots pour faire grève un peu confuses. Mais par contre je trouverai toujours inadmissible et insultant tant pour les victimes que pour les mouvements sociaux qu’on parle de “prise d’otage” quand il y a grève.