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Encore une fois, comme souvent je m’interroge sur la foi des chrétiens qui manifestent contre certaines œuvres d’art, qu’on les apprécie ou pas ces œuvres, qu’on aie envie de mettre de leur mettre des guillemets ou pas à ces œuvres . Il y avait ces cathos radicaux qui avaient vandalisé Piss Christ, Et puis le contre Kiss In de Lyon.  Il y a désormais la polémique au sujet de la piéce “Sur le concept du visage du fils de Dieu” perturbée ou contestée par des manifestations par un certain nombre de catholiques qui se voudraient défenseurs du christianisme.

Certes au premier regard sur le sujet de la piéce, un vieillard qui commet des déjections devant une peinture du visage de Jésus, l’on est peu ragoûté et enthousiasmé. Mais après tout personne ne nous oblige à nous y rendre, Paris pompe tellement les forces culturelles et les financements publics et privés de France qu’il y a certainement mieux à voir si on se sent peu d’aller au Théâtre de la Ville.On peut même aller prendre le TGV et aller au spectacle à Lyon.

Certes, il parait qu’une partie des déjections du vieillard est projetée sur le visage du Christ. Ou plutôt, et c’est la où les catholiques fondamentalistes qui manifestent se trompent, sur une peinture représentant le visage du Christ. Et je trouve justement là que les manifestants et les perturbateurs se trompent, tout comme je l’ai dit, les islamistes pendant l’affaire des caricatures de Mahomet à Charlie Hebdo ou les mêmes intégristes catholiques pendant Piss Christ se plantent: Comme pour le fameux tableau sur la pipe de Magritte, ceci n’est pas le Christ lui-même mais une image ! De la peinture et une toile!  Que les pères du protestantisme avaient raison lorsqu’ils s’inquiétaient de la confusion entre la foi et les images la représentant ! Les années passent et l’erreur continue chez certains.

Et puis quel manque de foi ! Croire que Dieu puisse être en quoi que ce soit affecté par trois cacas sur une peinture, c’est avoir bien peu confiance en Sa force ! En fait ces catholiques intégristes sont plutôt des quasi-athées, des agnostiques qui croient à un être suprême d’une grande faiblesse. Qui de plus croient à des objets de toile et de peinture.

Enfin, même si la forme du spectacle sent tout de même la provocation un peu facile, son message est bien plus christique qu’on ne le croit. D’ailleurs le metteur en scène l’a dit lui-même, son spectacle est un hommage au spirituel. Comment ne pas voir en fait paradoxalement ici un hommage à la gloire de Dieu ? Le remarquable message de la faiblesse de l’homme, que l’âge affecte et détruit, pendant que l’image de Dieu reste elle, forte et intangible ? Imperturbable et haute. Même souillée de la merde des hommes.

Billet repris par Le Plus du magazine le Nouvel Observateur

et par Agoravox

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