Ma tribune dans Le Temps : Coercition chinoise dans le ciel de Taïwan
Je viens de publier une tribune dans Le Temps, le quotidien suisse de référence, sur un précédent silencieux mais lourd : la coercition aérienne exercée par Pékin contre le président taïwanais Lai Ching-te.
Un précédent qui doit nous alerter
En avril 2026, les Seychelles, Maurice et Madagascar ont retiré coup sur coup leurs autorisations de survol au président taïwanais Lai Ching-te, contraignant l’annulation d’une visite officielle vers l’Eswatini. Aucun missile, aucun navire, aucun avion : juste un appel de Pékin, et trois États tiers qui plient. C’est une nouvelle grammaire de la coercition — silencieuse, à distance, déléguée — que cette tribune cherche à mettre en lumière.
Un déclin diplomatique, une montée économique
Taïwan ne compte plus que 12 alliés diplomatiques formels, mais son poids économique — semi-conducteurs en tête — n’a cessé de croître. Ce contraste illustre un paradoxe que les démocraties ne peuvent plus ignorer : la République de Chine est progressivement effacée des cartes officielles tout en restant indispensable aux chaînes de valeur mondiales. Laisser Pékin imposer ce hors-jeu aérien aux pays tiers, c’est accepter que la cartographie du droit international se redessine au gré des pressions chinoises.
Pourquoi cela nous concerne
Ce qui se joue dans le ciel de l’océan Indien n’est pas un incident isolé : c’est un test grandeur nature de la capacité des démocraties à défendre la liberté de circulation des chefs d’État élus. La Suisse, la France, l’Union européenne — tous les pays attachés à un ordre international fondé sur le droit — ont un intérêt direct à ce que ce précédent ne fasse pas jurisprudence.
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Photo : Bureau présidentiel de Taïwan (總統府), via Flickr, CC BY 2.0.