À Douala, les usines devraient connaître la veille l'heure de la coupure (Cameroun)
Je publie dans EcoMatin une tribune sur deux mesures qui pourraient aider les industriels de Douala avant la réalisation des nouveaux raccordements : organiser la demande aux heures de pointe et améliorer le facteur de puissance des usines.
Les coupures désorganisent la production et obligent les entreprises à recourir à des groupes électrogènes coûteux. Le corridor Édéa-Douala reste un goulot d’étranglement. En attendant son renforcement, les priorités évoquées lors de la rencontre du 22 septembre entre l’ARSEL et la Banque mondiale peuvent déboucher sur des contrats concrets.
Savoir la veille quand réduire sa consommation
Je propose un contrat de pointe entre le distributeur SOCADEL et les grands clients industriels. La SONATREL annoncerait la veille une plage pendant laquelle l’usine réduirait ce qu’elle prélève sur le réseau, en utilisant son groupe électrogène ou en déplaçant une partie de sa production vers la nuit.
En contrepartie, l’entreprise serait préservée des délestages en dehors de ces plages et bénéficierait d’un tarif réduit en heures creuses. Elle pourrait préparer ses équipes et ses machines, tandis que le réseau serait moins sollicité aux heures de pointe. Décaler la production permettrait aussi de mieux utiliser certaines capacités de production déjà payées, mais sous-utilisées aux heures de faible demande.
Soulager le réseau sans réduire la production
La seconde proposition concerne le facteur de puissance. Des batteries de condensateurs installées dans les usines réduisent le courant qui doit circuler dans les lignes et les transformateurs pour une même production industrielle.
Le coût initial de ces équipements constitue un obstacle. La SOCADEL, ou le futur programme de la Banque mondiale, pourrait en avancer le financement. Les entreprises rembourseraient sur leur facture, par mensualités plafonnées aux pénalités qu’elles paieraient avec un facteur de puissance inférieur à 0,9.
L’ARSEL établirait deux contrats types, avec des règles communes. Les premiers bénéficiaires seraient les grands sites de Bassa et de Bonabéri, situés en aval du corridor saturé, avec une priorité pour les compteurs intelligents.
Ces mesures ne remplacent ni les nouvelles lignes ni les raccordements promis. Elles permettraient d’agir en attendant les travaux : donner de la visibilité aux usines et libérer de la capacité sur le réseau existant.