Ma note pour la Fondation Jean-Jaurès : Intégrer l'électricité en Afrique centrale — la métropole comme arbitre absent
Cette note est signée en tant qu’expert associé à la Fondation Jean-Jaurès, think tank français reconnu d’utilité publique, fondé en 1992. La Fondation publie régulièrement notes, enquêtes et tribunes pour nourrir le débat public sur les grandes transformations contemporaines — démocratie, climat, géopolitique, cohésion sociale. C’est dans ce cadre que je contribue à ses travaux sur l’énergie et la géopolitique.
Résumé
L’Afrique centrale concentre environ 60 % du potentiel hydroélectrique du continent, mais ses trois principales métropoles — Kinshasa, Douala, Brazzaville, soit plus de 25 millions d’habitants — restent en crise d’approvisionnement. Le paradoxe est au cœur de cette note : les villes sont l’épicentre de la demande et de la vulnérabilité énergétique, mais elles n’ont aucun pouvoir de décision sur les systèmes électriques qui les alimentent.
La note analyse les trajectoires divergentes des trois pays entre 2025 et 2026 : renationalisation au Cameroun (Eneo devenue Socadel), privatisation avortée au Congo, restructuration sous conditionnalité de la Banque mondiale en RDC — avec, à chaque fois, une exclusion des métropoles de l’arbitrage. Malgré des cadres constitutionnels variés, les autorités métropolitaines disposent de droits formels sans maîtrise réelle.
L’article examine aussi les limites du Pool énergétique de l’Afrique centrale (PEAC), dont les interconnexions ignorent les centres de demande urbaine, et propose deux pistes concrètes : un soutien européen ciblé aux interconnexions régionales prioritaires et des mécanismes de quotas dans les contrats miniers pour réserver 10 à 15 % d’allocation contractuelle à l’approvisionnement métropolitain.
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