Ma tribune dans Le Temps : Taïwan ou le retour de la souveraineté électrique
Publié dans Le Temps

Ma tribune dans Le Temps : Taïwan ou le retour de la souveraineté électrique


Je viens de publier une tribune dans Le Temps, le quotidien suisse de référence, sur un paradoxe taïwanais : l’île qui fabrique les puces les plus avancées du monde reste incapable de garantir sa propre électricité.

Un paradoxe électrique

Taïwan fabrique plus de 90 % des puces les plus avancées du monde, celles qui font tourner l’intelligence artificielle. Elle importe pourtant 95,4 % de son énergie et son réseau électrique n’est relié à aucun voisin. TSMC, le premier fondeur mondial, absorbe déjà 9 % de l’électricité de l’île ; S&P Global projette qu’il pourrait en consommer près d’un quart en 2030.

Se raccorder, mais pas à la Chine

Pékin propose depuis 2019 de relier Kinmen et Matsu à son propre réseau électrique — une offre relancée en avril 2026, et refusée. Taïwan étudie plutôt un câble sous-marin vers les Philippines : un lien physique permanent avec une Chine qui revendique l’île reviendrait à lui tendre un levier.

Ce que disent l’Irlande et le Cameroun

La tribune met Taïwan en miroir avec l’Irlande, qui impose désormais à ses centres de données d’apporter leurs propres moyens de production pilotables, et le Cameroun, où l’électricité abonde sans parvenir à irriguer tout le pays faute de réseau suffisant. Deux façons opposées d’éprouver le même écart entre l’autorité de décider et la capacité de réaliser.

Et la France ?

La France dispose de ce que Taïwan cherche : une électricité abondante et largement décarbonée. Un atout qui reste sous-exploité tant que les transports demeurent largement dépendants du pétrole.

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Photo : usine de production de puces électroniques au pavillon d’accueil de TSMC. Hsinchu, Taïwan, juin 2025. — © Frédéric Koller / Le Temps.