Realizing Taiwan's AI ambitions — Taipei Times
Publié dans Taipei Times

Realizing Taiwan's AI ambitions — Taipei Times


Je publie dans le Taipei Times, rubrique Editorial & Opinion, une tribune intitulée « Realizing Taiwan’s AI ambitions » — « Concrétiser les ambitions de Taïwan en matière d’IA ».

Le point de départ : la conférence franco-taïwanaise du 11 septembre à Paris

Le texte revient sur la Conférence de coopération économique Taïwan-France, coprésidée à Paris par Tsai Chih-meng (蔡志孟), vice-président de Taipower, et Gérard Wolf, président du groupe de travail Villes durables de MEDEF International. La rencontre, organisée par la Chinese International Economic Cooperation Association et MEDEF International avec le concours du Bureau de représentation de Taipei en France, a aussi entendu la représentante Hao Pei-chih (郝培芝). J’y suis intervenu : je suis cité dans l’article expliquant qu’il faut penser la sécurité énergétique de Taïwan en termes de dépendances différenciées.

L’essentiel de la tribune

  • L’IA devient une question de politique électrique. Les trois sessions de la conférence portaient sur la modernisation du réseau, la résilience des infrastructures à l’ère de l’IA, et la sécurité énergétique et la géopolitique.
  • Des demandes de raccordement en décalage avec la réalité. Taipower a reçu 75 demandes de raccordement au réseau de transport pour des data centers, représentant 4 523 MW de capacité demandée fin juillet. Sur les 47 demandes ayant reçu son accord, environ 40 % ont expiré avant qu’une demande formelle ne soit déposée — un signal que la France connaît aussi, RTE donnant désormais la priorité à la maturité des projets plutôt qu’à l’ordre d’arrivée des demandes.
  • Des infrastructures qui ne s’annulent pas. Un nouveau data center ou une usine de semi-conducteurs peut exiger de lourds renforcements de postes et de lignes ; un report de cinq ans ne fait pas disparaître ces coûts, surtout si plusieurs très gros consommateurs arrivent dans la même zone.
  • Une coopération industrielle à double sens. Fortune Electric (dont j’ai rencontré des représentants pendant la conférence) fabrique des transformateurs : Taïwan n’est pas seulement un marché pour la technologie énergétique européenne, ses industriels peuvent aussi contribuer aux investissements considérables que réclament les réseaux européens. La mission taïwanaise en France a aussi rencontré RTE, TotalEnergies et Hitachi Energy.
  • Des dépendances de nature différente. Le gaz apporte de la flexibilité mais exige des livraisons fréquentes par mer ; le nucléaire dépend aussi de combustible et de services importés, mais se planifie sur de bien plus longues périodes ; l’éolien offshore produit localement mais exige un réseau plus robuste ; la géothermie peut fournir une production locale ferme, à condition de lever le risque d’exploration en amont — un risque que la France sait partager via des mécanismes dédiés, transposables à Taïwan.

Ce que je propose

Ne pas miser sur une seule technologie pour résoudre tous les problèmes : gaz, nucléaire, éolien offshore, solaire, stockage et géothermie ne créent pas les mêmes vulnérabilités. Taïwan et la France devraient comparer leurs scénarios de demande électrique liés à l’IA et aux semi-conducteurs, partager leur expérience de planification du réseau et des gros consommateurs, travailler sur le stockage et la flexibilité, et choisir un petit nombre de projets concrets dont les résultats de la coopération pourraient être mesurés.

Pour une économie qui mise autant sur les semi-conducteurs et l’IA, la fiabilité de l’ensemble du système électrique — production, combustible, réseaux, stockage et équipements — pourrait devenir l’une des questions économiques les plus importantes de la décennie.

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