Terres rares : Taïwan cherche une voie au-delà de la « chaîne rouge » — Taipei Times
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Terres rares : Taïwan cherche une voie au-delà de la « chaîne rouge » — Taipei Times


Je signe dans le Taipei Times une enquête intitulée « With rare earths, Taiwan looks beyond the ‘red supply chain’ » — « Terres rares : Taïwan cherche une voie au-delà de la chaîne rouge ».

Une ouverture industrielle crédible, mais encore incomplète

Taïwan possède des compétences en séparation, raffinage et recyclage des terres rares. Des travaux de l’Université nationale Cheng Kung ont démontré la séparation sélective du dysprosium à partir d’aimants de moteurs de véhicules électriques usagés. L’Industrial Technology Research Institute (ITRI) a, de son côté, annoncé la production d’oxydes et de métaux de haute pureté ainsi que des essais avec des industriels et des universités.

Ces résultats établissent une base technique. Ils ne démontrent pas encore l’existence d’une chaîne complète et rentable, capable de livrer en continu aux fabricants la bonne composition, avec une qualité constante, dans les volumes attendus et à un prix acceptable.

Le véritable verrou : les matières et l’économie du recyclage

La domination chinoise rend la diversification urgente : selon l’Agence internationale de l’énergie, la Chine représentait en 2024 91 % du raffinage des terres rares destinées aux aimants et 94 % de la production d’aimants permanents frittés.

Mais une industrie électronique importante ne garantit pas, à elle seule, un gisement accessible d’aimants à recycler. Leo Chang (張永撙), vice-président d’UWin Nanotech, souligne que la principale contrainte taïwanaise tient moins à la technique qu’à la disponibilité des matières et à l’économie globale. Les flux concentrés et de valeur, comme les aimants permanents en fin de vie, constituent le point de départ le plus crédible.

Une stratégie qui doit relier l’amont et les acheteurs

Le gouvernement prévoit une ligne pilote dans les trois ans et vise, d’ici 2030, une production nationale équivalente à la moitié d’un besoin annuel anticipé d’environ 2 000 tonnes. Taïwan pourrait combiner certains matériaux recyclés avec des matières importées, notamment grâce à des partenariats avec l’Australie, le Canada ou les États-Unis.

Kristy Hsu (徐遵慈), de la Chung-Hua Institution for Economic Research, propose d’articuler les ressources australiennes, les capacités industrielles taïwanaises et la technologie, le capital et les marchés américains. Leo Chang voit également une possibilité d’exporter les équipements et le savoir-faire taïwanais vers des sites de recyclage régionaux proches des déchets.

La réussite ne se mesurera pas seulement en tonnes annoncées ou en pureté de laboratoire. Elle dépendra de contrats, de matières disponibles, d’acheteurs identifiés et de livraisons répétées au bon prix. C’est cette continuité industrielle que la future ligne pilote devra permettre de construire.

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