« Twenty Years of Taiwan in Avignon: Soft Power on Someone Else's Terms » — Taiwan Insight / Université de Nottingham
J’ai publié une nouvelle tribune sur Taiwan Insight, le magazine académique en ligne du Taiwan Research Hub de l’Université de Nottingham, à l’occasion des vingt ans de la présence taïwanaise au Festival Off d’Avignon.
L’article revient sur la trajectoire de cette présence — huit compagnies invitées par Bernard Faivre d’Arcier en 1998, une participation annuelle du Centre culturel de Taïwan à Paris au Off depuis 2007, puis le statut de premier pays invité d’honneur en 2024 — pour poser une question moins célébrée : qui décide de ce que Taïwan peut montrer. En 2026, sur une cinquantaine de candidatures, quatre compagnies ont été retenues, toutes de danse contemporaine, la sélection étant faite avec les directions de lieux (La Condition des Soies, Les Hivernales).
Ma thèse est que la contrainte principale ne vient pas des protestations de Pékin sur les intitulés, mais des critères des programmateurs français. La langue n’apparaît dans aucun critère affiché, et pourtant elle filtre : privilégier les œuvres « capables de fonctionner dans un contexte étranger » revient à favoriser le non-verbal et à écarter le théâtre, qui aurait besoin d’être traduit. Le résultat se lit comme une suite de jugements artistiques plutôt que comme un filtre. J’y défends l’idée que la diplomatie culturelle taïwanaise gagnerait à viser la crédibilité plutôt que la seule légitimité, et je pointe des dispositifs de coproduction comme la Villa Formose (2023) qui permettent la co-écriture plutôt que la simple présentation.