Les grands consommateurs qui s'autoapprovisionnent doivent recourir aux renouvelables — 聯合報 (United Daily News)
Publié dans 聯合報 United Daily News

Les grands consommateurs qui s'autoapprovisionnent doivent recourir aux renouvelables — 聯合報 (United Daily News)


Je publie dans le 聯合報 (United Daily News) — l’un des grands quotidiens de Taïwan — une tribune sur la révision de la loi sur la gestion de l’énergie, et sur ce qu’elle exige vraiment des grands consommateurs industriels.

Qu’est-ce que le 聯合報 (United Daily News) ?

Le 聯合報 (Lianhe Bao, United Daily News) est l’un des journaux historiques de Taïwan. Fondé en 1951, c’est l’un des trois grands quotidiens de l’île, lu par les décideurs économiques et politiques. Y publier une tribune, c’est s’adresser directement au débat public taïwanais, dans la langue de ce débat.

Le piège du gaz naturel autoproduire

La révision de la loi taïwanaise sur la gestion de l’énergie oblige désormais les grands consommateurs à s’autoproduire une partie de leur électricité. Sur le principe, c’est une bonne direction. Mais la loi leur laisse la possibilité de le faire avec des groupes électrogènes au gaz naturel — et c’est là que le bât blesse.

Le gaz naturel est importé. Taïwan dépend déjà des imports pour plus de 90 % de son énergie. Remplacer une dépendance envers le réseau électrique par une dépendance envers les terminaux méthaniers, ce n’est pas réduire la vulnérabilité : c’est simplement déplacer le point de fragilité.

La vraie indépendance passe par les ressources locales

Mon argument est simple : si l’objectif de la loi est bien de renforcer l’autonomie énergétique de Taïwan, alors les obligations d’autoproduction doivent orienter les grands industriels vers les ressources que l’île possède sur son propre sol — le solaire, l’éolien, la géothermie — et non vers des carburants qu’elle devra toujours importer.

Ce qui se jouera dans les décrets d’application

La loi est votée. Mais l’essentiel se jouera dans la rédaction des textes réglementaires qui préciseront les obligations. C’est là que les autorités taïwanaises pourront — ou non — inscrire un taux minimum d’énergies renouvelables dans les obligations d’autoproduction.

C’est ce que j’appelle à faire : ne pas laisser la porte ouverte au gaz comme échappatoire facile, mais exiger que l’autoproduction serve vraiment la résilience de l’île.

Lire la tribune sur le 聯合報 (United Daily News)


Photo : éoliennes au large de Taïwan.