« Before the Blockade: Marine Insurance's Relevance to Taiwan's Energy Lifeline » — Avant le blocus : l'assurance maritime et la ligne de vie énergétique de Taïwan (Global Taiwan Institute)
Je publie dans le Global Taiwan Brief, la publication du Global Taiwan Institute, think tank de Washington D.C., une analyse intitulée « Before the Blockade: Marine Insurance’s Relevance to Taiwan’s Energy Lifeline » — « Avant le blocus : l’assurance maritime et la ligne de vie énergétique de Taïwan ». Elle est parue le 14 octobre 2026 (vol. 11, n° 17).
L’argument
Ce qui pourrait couper Taïwan de son gaz avant toute flotte, c’est la réponse à une question de contrat : une cargaison de GNL peut-elle encore être assurée contre le risque de guerre ? La décision d’un souscripteur pèserait autant qu’un déploiement naval. Pourtant l’assurance maritime reste presque absente de la stratégie maritime de l’OTAN comme de l’agenda européen de sécurité économique.
Le précédent d’Ormuz
Après les frappes contre l’Iran du 28 février 2026, le trafic dans le détroit d’Ormuz s’est effondré sans qu’aucun blocus ait été déclaré. Les assureurs ont annulé, renégocié ou fortement réévalué les garanties contre le risque de guerre. Les armateurs, eux, sont restés à quai surtout par crainte pour leurs équipages et leurs navires. Un blocus n’est donc pas nécessaire pour paralyser un détroit.
Pourquoi Taïwan est exposée
Les terminaux méthaniers de l’île sont tous situés sur la côte ouest, face à la Chine, et les stocks de travail de GNL ne couvrent qu’environ onze jours. Plus structurel encore : les clauses standard de garantie guerre prennent fin automatiquement si un conflit éclate entre deux des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. Une guerre entre les États-Unis et la Chine à propos de Taïwan mettrait donc fin à la couverture commerciale.
Ce que je propose
- Un dialogue permanent avec le marché de Londres, entre Taïwan, les États-Unis et les assureurs.
- Un filet de sécurité public, du type du projet de loi américain prévoyant une assurance publique pour les navires qui acheminent des marchandises critiques vers Taïwan.
- Une coordination anticipée avec le Joint War Committee de Londres, avant la crise plutôt que pendant.
Le message tient dans le titre : c’est avant le blocus qu’il faut préparer ce volet.