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protestants

Il y a classiques cultes (le terme protestant pour dire messe) du dimanche matin dans chaque paroisse de Lyon et des environs. Il y a aussi le l’après-midi à 17h30. Là les Eglises Réformées et Luthériennes de Lyon organisent en commun un culte un peu différent, centré autour d’un artiste, soit musical, soit pictural.

Demain c’est le peintre Marc Chagall qui sera à l’honneur dimanche 22 mai, 17h30 au temple Luthérien du 12 rue Fénelon, Lyon 6e à 17h30. J’irais prier et admirer.

Vous vous rappellez, j’ai lancé une rubrique « demande au Pasteur ». Il s’agit de poser des questions de toutes sortes à mon pasteur celui de ma paroisse, Olivier Raoul-Duval, qui s’est engagé à tenter d’y apporter des réponses. Il peut s’agir de questionnements sur la religion mais aussi sur la vie en général. Voici ses réponses. N’hésitez pas à réagir, à poser de nouvelles questions par mail ou dans les commentaires, Olivier y répondra prochainement.

  Quelques mots sur les questions déjà posées ou les remarques déjà formulées.

La première chose : pour moi la foi chrétienne parle d’un Dieu venu rejoindre l’humanité dans la personne de son fils Jésus. Dieu n’est pas tranquillement dans « le ciel » a compter les points, il a décidé d’accompagner l’humanité. Pour ce faire il la rejoint dans son quotidien, y compris dans ce que l’être humain peut avoir de difficulté et de peine, donc jusque dans la mort. Dieu connaît cette épreuve là et il se propose d’être présent là aussi. Mais pour un chrétien, qui dit mort dit aussi résurrection. La résurrection de Jésus traduit l’idée que la mort, pour Dieu, ne peut avoir le dernier mot dans la vie du chrétien. Aucune mort, qu’elle soit petite (compromission, trahison, mesquinerie, abandon, mensonge…) ou grande (mort physique) ne peut avoir le dernier mot sur ma vie, lorsque je crois en ce Dieu-là.

La seconde chose : le Dieu de Jésus est un Dieu de la vie. Ceux qui disent ou témoignent du contraire parlent d’un autre Dieu. Alors ce qui m’intéresse quand une Eglise s’exprime publiquement est de savoir si elle parle de ce Dieu-là. De ce Dieu de la vie, de ce Dieu de l’amour. Pour le dire dans un jargon d’église : de ce Dieu de la grâce (amour gratuit). Et je ne demande jamais à l’Eglise de me dire ce qu’il faut croire et certainement pas non plus ce que je dois penser  ou ce que le monde doit penser. Le rôle de l’Eglise est de témoigner  que le Dieu des chrétiens est un Dieu de vie, de grâce et d’amour qui propose ce projet à toute l’humanité. Si elle ne le fait pas en paroles et/ou en actes, elle est infidèle à sa mission. Cela lui arrive parfois (y compris pour la mienne), car l’Eglise est après tout constituée d’homme et de femme, imparfaits comme moi.

Et enfin, troisième élément, jusqu’ici j’ai parlé de Dieu, de Jésus et de chrétien (Christ) et pas de protestantisme. Tout simplement parce que le protestantisme est d’abord une branche du christianisme. Si je ne devais ne retenir qu’une spécificité de cette famille ce serait la Bible. La Bible comme livre où, à travers une lecture croyante, Dieu parle. La Bible comme livre qui nourrit la foi et qui en est le critère, le seul. Pas l’Eglise seule, pas ma personne seule, mais la Bible seule. La Bible appartient à tous les chrétiens, mais voilà pourquoi dans le protestantisme la lecture et le commentaire de la Bible, seul et en Eglise sont si importants : parce que c’est comme cela que je peux approfondir ma foi et éclairer celles de ceux avec qui je chemine.

 Olivier

Ps: Merci à Romain d’avoir créé cette rubrique ‘Demande au pasteur’ et de m’avoir demandé de la tenir.

 Le week-end du quinze août, c’est de nos jours, le symbole du moment où l’on sait qu’il y aura des bouchons sur les routes de vacances dans les voitures avec la musique à plein volume, des déserts dans les cafés des grandes villes, des parties de pétanque, de la chaleur sur les chemises et qu’on va pouvoir ouvrir un bon livre.

Pourtant, en réalité, le 15 Août, comme Noël, sous les loisirs, le férié, les repas entre amis est une fête religieuse dénommée l’assomption,  la fête de Marie, une célébration catholique. Je dis bien catholique (et orthodoxe) et non chrétienne parce que la question de cette fête marque un clivage entre catholiques et protestants.

En résumé l’assomption est le jour où Marie, mère de Jésus-Christ monte au ciel.

Pourtant rien, absolument rien dans la Bible ne spécifie quoi que ce soit sur sa fin de vie…

Tout a commencé un peu plus de six siècles après sa mort lorsque le souverain de Constantinople instaure une journée de fête pour célébrer le supposé événement. Et puis au cours des siècles d’autres lui emboitent le pas. Au XVIIe siècle, Louis XIII désirant une fille décida d’officialiser aussi la fête des fois que… En résumé on est tout de même dans une fête plus portée tradition populaire que réellement avec un fondement religieux.

Lire la Suite

Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n’était pas, je vous l’aurais dit. Je vais vous préparer une place. (Jean 14.2)

Aujourd’hui ouvre une nouvelle ère dans le protestantisme français: une deuxième fédération nationale va voir le jour pour regrouper des églises et autres associations de l’autre christianisme.

Il existe depuis un siècle une fédération protestante de France (FPF). Celle-ci regroupe de multiples confessions: luthériens, une partie des évangéliques, les libristes, certains pentecôtistes ainsi que la plus grande confession française du protestantisme, l’Eglise Réformée à laquelle j’appartiens. Des structures comme l’Armée du Salut , la CIMADE ou l’Entraide Protestante s’y rattachent également.

A côté de cette fédération, un certain nombre d’églises évangéliques existent depuis toujours, s’en tenant à l’écart soit par volonté d’indépendance, soit par des désaccords théologiques ( Pour prendre un seul exemple, certaines d’entre elles refusent le mystère féminin et donc, tout comme les catholiques, réfutent la possibilité aux femmes d’être pasteurs ou prêtre) soit à cause de questions sociétales. C’est ainsi par exemple que les Assemblées de Dieu, principale église pentecôtiste en France (très bien implantée à Lyon) a refusé de rentrer à la FPF parce qu’il s’y déroulait un débat sur les droits des homosexuels…

Aujourd’hui, une partie de ce tissu évangélique se structure donc indépendamment en Conseil National des Evangéliques de France. Un moment important pour ce milieu.Une nuance toutefois: un grand nombre d’églises de la mouvance restent en dehors la nouvelle structure, les autres se maintenant à l’intérieur de la FPF.

Une partie du milieu protestant regrette ce choix de seconde fédération, parlant de division dommageable, ceci alors que la FPF est actuellement présidée par un évangélique. Je n’en suis pour ma part pas sûr. Le poids des évangéliques français est certes en hausse ces dernières années dans le protestantisme français. Actif, dynamiques, ils sont par ailleurs très impliqués dans l’évangélisation. Tant mieux.

Mais à vouloir trop rassembler ce qui est disparate, la FPF risquait par ailleurs de ne plus pouvoir participer au débat public et n’avoir ni odeur ni saveur. Que ce sur les questions théologiques, où la lecture littérale de la bible des uns a du mal à se conjuguer avec le libéralisme biblique des autres ou sur le plan éthique où des positions claires en matière de bioéthique, d’avortement, d’homosexualités se doivent d’être plus clairement tranchées. Combien de fois me suis-je trouvé, c’est heureux, bien plus d’accord dans des débats avec des musulmans et catholiques libéraux en face à d’évangéliques conservateurs ? Certains d’entre eux, heureusement pas tous, dénient même le qualificatif de chrétiens aux églises ne faisant pas partie de la mouvance évangélique ! Sans parler de certaines dénominations, parfois fort peu ouvertes au dialogue avec les catholiques et les musulmans. Bref, à moins d’être une simple alliance technique, la FPF risquait de n’avoir aucune existence réelle à force de vouloir concilier irréconciliable.

Oui il y a des clivages réels dans le protestantisme français et oui ce n’est pas la création d’une fédération qui change quoi que ce soit sur le fond. Reste à vivre en bon intelligence et à dialoguer. Reste à réfléchir aux aspects pratiques. Mais pour le réformé que je suis, cette diversité officialisée est plutôt une bonne nouvelle et une chance de réveil.

La semaine passée était celle consacrée à l’Unité des Chrétiens. Ce n’est pas l’événement médiatique de l’année certes mais dans les milieux concernés et leur presse interne, c’est un marronnier, un truc qui revient tous les ans et qui fait parler comme dans d’autres journaux les articles sur le salaire des cadres ou le prix de l’immobilier à Lyon (le dernier point est d’ailleurs la seule raison de vivre des suppléments lyonnais de l’Express, qui en font, on dirait, presque un par semaine!).

Initiée à Lyon par un natif de la Guillotière, l’Abbé Paul Couturier, il y a exactement 77 ans, la semaine de l’Unité Chrétienne consiste en prières et rencontres entre les différentes confessions du christianisme. L’idée part bien sûr d’un bon sentiment et permet d’aller à la rencontre. Dans le 7e et ses environs immédiats les environs du Carême sont l’occasion de prolonger l’expérience en partageant un frugal repas (Priére, pain, pomme) dans une église de confession différente chaque mardi.

Si l’unité chrétienne (après tout au fond c’est vraiment la même foi) est un objectif qui ne peut qu’être en soi louable, surtout pour moi qui suis le seul protestant d’une famille de catholiques, n’est-il parfois pas vide de sens à force de bons sentiments ?

En 1933, la nécessité était forte, les différences dans la foi quotidienne importantes (il n’y avait pas eu Vatican II) et les mariages entre papistes et parpaillots fort rares. Aujourd’hui ils sont fort fréquents et l’on passe de plus en plus facilement du catholicisme au protestantisme (dans l’autre sens c’est plus rare).

Bien sûr taper (verbalement !) sur les amis du Pape, qui ne pratiquent de leur côté plus l’inquisition depuis fort longtemps, est toujours un sport très pratiqué en pays réformé, il s’apparente à un joyeux sport du type dire du mal de Saint-Etienne pour un lyonnais: on se moque mais dans le fond on aime bien. Et puis dans une France où le christianisme n’a plus le poids d’avant, où d’autres religions s’inscrivent dans le paysage, les perspectives ont bien changé.

A  l’autre bout, vouloir à tout prix se complaire dans l’unitarisme à tout prix est un peu appauvrissant et un peu niais. Oui il y a des différences entre les différentes confessions chrétiennes. Oui la pratique protestante est différente et sspécifique en nombre de points. En parler n’est pas une honte et amène aussi à s’approfondir. Le poids de l’appareil ecclésiastique, le Pape (et plein d’autres choses) du catholicisme me pose question. Le côté très trinitaire de orthodoxie également. Rien d’insultant ni de problématique mais l’œcuménisme, derrière ses bonnes intentions, ne doit pas être le fossoyeur du questionnement sur la foi.

Magnifique moment et grande joie que ce culte commun des paroisses réformées de la Guillotière et des Brotteaux additionnées à l’église évangélique camerounaise au Grand-Temple ce dimanche de Pâques. Splendide célébration par les pasteurs Raoul-Duval et Faisandier, époux et personnes formidables dans la vie pour les paroissiens qui se pressaient nombreux en ce jour majeur. J’ai eu la joie d’ailleurs de constater que nombreux étaient les lecteurs de ce blog dans la communauté !

Je ne vais pas revenir longuement sur le sens de cette fête proprement dite, l’ayant déjà fait dans un précédent billet.Redisons juste que Paques est un moment fondamental pour tous les chrétiens.

Commençons d’ailleurs par répondre à une question qui m’est couramment posée: Oui la Pâques protestante est la même que la catholique. La seule différence est que comme nous n’avons pas d’interdit alimentaire, nous ne jeunons pas ni ne mangeons végétarien le vendredi saint. Ca aurait pu être ennuyeux, j’avais deux militants d’autres partis politiques que le mien et athées tous deux à déjeuner ce jour-là justement!

Lire la Suite

Après un culte (une messe en langage de protestant si vous ne le savez pas, petit ou petite ignare!) très sympa en commun entre ma paroisse et l’église presbytérienne camerounaise au temple de la rue Bancel, j’ai pris ma mini-caméra pour poser des questions à mon toujours très sympathique pasteur, durant le verre de l’amitié qui a suivi la cérémonie pour parler du sens de Noël.La conversation a porté sur la naissance de Jésus mais aussi sur la question d’un monde par trop mercantile dans ses valeurs.


Le sens de Noël par le Pasteur Olivier Raoul-Duval from romain blachier on Vimeo.

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Il y a classiques cultes (le terme protestant pour dire messe) du dimanche matin dans chaque paroisse de Lyon et des environs. Il y a aussi le l’après-midi à 17h30. Là les Eglises Réformées et Luthériennes de Lyon organisent en commun un culte un peu différent, centré autour d’un artiste, soit musical, soit pictural.

Demain c’est le peintre Marc Chagall qui sera à l’honneur dimanche 22 mai, 17h30 au temple Luthérien du 12 rue Fénelon, Lyon 6e à 17h30. J’irais prier et admirer.

Vous vous rappellez, j’ai lancé une rubrique « demande au Pasteur ». Il s’agit de poser des questions de toutes sortes à mon pasteur celui de ma paroisse, Olivier Raoul-Duval, qui s’est engagé à tenter d’y apporter des réponses. Il peut s’agir de questionnements sur la religion mais aussi sur la vie en général. Voici ses réponses. N’hésitez pas à réagir, à poser de nouvelles questions par mail ou dans les commentaires, Olivier y répondra prochainement.

  Quelques mots sur les questions déjà posées ou les remarques déjà formulées.

La première chose : pour moi la foi chrétienne parle d’un Dieu venu rejoindre l’humanité dans la personne de son fils Jésus. Dieu n’est pas tranquillement dans « le ciel » a compter les points, il a décidé d’accompagner l’humanité. Pour ce faire il la rejoint dans son quotidien, y compris dans ce que l’être humain peut avoir de difficulté et de peine, donc jusque dans la mort. Dieu connaît cette épreuve là et il se propose d’être présent là aussi. Mais pour un chrétien, qui dit mort dit aussi résurrection. La résurrection de Jésus traduit l’idée que la mort, pour Dieu, ne peut avoir le dernier mot dans la vie du chrétien. Aucune mort, qu’elle soit petite (compromission, trahison, mesquinerie, abandon, mensonge…) ou grande (mort physique) ne peut avoir le dernier mot sur ma vie, lorsque je crois en ce Dieu-là.

La seconde chose : le Dieu de Jésus est un Dieu de la vie. Ceux qui disent ou témoignent du contraire parlent d’un autre Dieu. Alors ce qui m’intéresse quand une Eglise s’exprime publiquement est de savoir si elle parle de ce Dieu-là. De ce Dieu de la vie, de ce Dieu de l’amour. Pour le dire dans un jargon d’église : de ce Dieu de la grâce (amour gratuit). Et je ne demande jamais à l’Eglise de me dire ce qu’il faut croire et certainement pas non plus ce que je dois penser  ou ce que le monde doit penser. Le rôle de l’Eglise est de témoigner  que le Dieu des chrétiens est un Dieu de vie, de grâce et d’amour qui propose ce projet à toute l’humanité. Si elle ne le fait pas en paroles et/ou en actes, elle est infidèle à sa mission. Cela lui arrive parfois (y compris pour la mienne), car l’Eglise est après tout constituée d’homme et de femme, imparfaits comme moi.

Et enfin, troisième élément, jusqu’ici j’ai parlé de Dieu, de Jésus et de chrétien (Christ) et pas de protestantisme. Tout simplement parce que le protestantisme est d’abord une branche du christianisme. Si je ne devais ne retenir qu’une spécificité de cette famille ce serait la Bible. La Bible comme livre où, à travers une lecture croyante, Dieu parle. La Bible comme livre qui nourrit la foi et qui en est le critère, le seul. Pas l’Eglise seule, pas ma personne seule, mais la Bible seule. La Bible appartient à tous les chrétiens, mais voilà pourquoi dans le protestantisme la lecture et le commentaire de la Bible, seul et en Eglise sont si importants : parce que c’est comme cela que je peux approfondir ma foi et éclairer celles de ceux avec qui je chemine.

 Olivier

Ps: Merci à Romain d’avoir créé cette rubrique ‘Demande au pasteur’ et de m’avoir demandé de la tenir.

 Le week-end du quinze août, c’est de nos jours, le symbole du moment où l’on sait qu’il y aura des bouchons sur les routes de vacances dans les voitures avec la musique à plein volume, des déserts dans les cafés des grandes villes, des parties de pétanque, de la chaleur sur les chemises et qu’on va pouvoir ouvrir un bon livre.

Pourtant, en réalité, le 15 Août, comme Noël, sous les loisirs, le férié, les repas entre amis est une fête religieuse dénommée l’assomption,  la fête de Marie, une célébration catholique. Je dis bien catholique (et orthodoxe) et non chrétienne parce que la question de cette fête marque un clivage entre catholiques et protestants.

En résumé l’assomption est le jour où Marie, mère de Jésus-Christ monte au ciel.

Pourtant rien, absolument rien dans la Bible ne spécifie quoi que ce soit sur sa fin de vie…

Tout a commencé un peu plus de six siècles après sa mort lorsque le souverain de Constantinople instaure une journée de fête pour célébrer le supposé événement. Et puis au cours des siècles d’autres lui emboitent le pas. Au XVIIe siècle, Louis XIII désirant une fille décida d’officialiser aussi la fête des fois que… En résumé on est tout de même dans une fête plus portée tradition populaire que réellement avec un fondement religieux.

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Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n’était pas, je vous l’aurais dit. Je vais vous préparer une place. (Jean 14.2)

Aujourd’hui ouvre une nouvelle ère dans le protestantisme français: une deuxième fédération nationale va voir le jour pour regrouper des églises et autres associations de l’autre christianisme.

Il existe depuis un siècle une fédération protestante de France (FPF). Celle-ci regroupe de multiples confessions: luthériens, une partie des évangéliques, les libristes, certains pentecôtistes ainsi que la plus grande confession française du protestantisme, l’Eglise Réformée à laquelle j’appartiens. Des structures comme l’Armée du Salut , la CIMADE ou l’Entraide Protestante s’y rattachent également.

A côté de cette fédération, un certain nombre d’églises évangéliques existent depuis toujours, s’en tenant à l’écart soit par volonté d’indépendance, soit par des désaccords théologiques ( Pour prendre un seul exemple, certaines d’entre elles refusent le mystère féminin et donc, tout comme les catholiques, réfutent la possibilité aux femmes d’être pasteurs ou prêtre) soit à cause de questions sociétales. C’est ainsi par exemple que les Assemblées de Dieu, principale église pentecôtiste en France (très bien implantée à Lyon) a refusé de rentrer à la FPF parce qu’il s’y déroulait un débat sur les droits des homosexuels…

Aujourd’hui, une partie de ce tissu évangélique se structure donc indépendamment en Conseil National des Evangéliques de France. Un moment important pour ce milieu.Une nuance toutefois: un grand nombre d’églises de la mouvance restent en dehors la nouvelle structure, les autres se maintenant à l’intérieur de la FPF.

Une partie du milieu protestant regrette ce choix de seconde fédération, parlant de division dommageable, ceci alors que la FPF est actuellement présidée par un évangélique. Je n’en suis pour ma part pas sûr. Le poids des évangéliques français est certes en hausse ces dernières années dans le protestantisme français. Actif, dynamiques, ils sont par ailleurs très impliqués dans l’évangélisation. Tant mieux.

Mais à vouloir trop rassembler ce qui est disparate, la FPF risquait par ailleurs de ne plus pouvoir participer au débat public et n’avoir ni odeur ni saveur. Que ce sur les questions théologiques, où la lecture littérale de la bible des uns a du mal à se conjuguer avec le libéralisme biblique des autres ou sur le plan éthique où des positions claires en matière de bioéthique, d’avortement, d’homosexualités se doivent d’être plus clairement tranchées. Combien de fois me suis-je trouvé, c’est heureux, bien plus d’accord dans des débats avec des musulmans et catholiques libéraux en face à d’évangéliques conservateurs ? Certains d’entre eux, heureusement pas tous, dénient même le qualificatif de chrétiens aux églises ne faisant pas partie de la mouvance évangélique ! Sans parler de certaines dénominations, parfois fort peu ouvertes au dialogue avec les catholiques et les musulmans. Bref, à moins d’être une simple alliance technique, la FPF risquait de n’avoir aucune existence réelle à force de vouloir concilier irréconciliable.

Oui il y a des clivages réels dans le protestantisme français et oui ce n’est pas la création d’une fédération qui change quoi que ce soit sur le fond. Reste à vivre en bon intelligence et à dialoguer. Reste à réfléchir aux aspects pratiques. Mais pour le réformé que je suis, cette diversité officialisée est plutôt une bonne nouvelle et une chance de réveil.

La semaine passée était celle consacrée à l’Unité des Chrétiens. Ce n’est pas l’événement médiatique de l’année certes mais dans les milieux concernés et leur presse interne, c’est un marronnier, un truc qui revient tous les ans et qui fait parler comme dans d’autres journaux les articles sur le salaire des cadres ou le prix de l’immobilier à Lyon (le dernier point est d’ailleurs la seule raison de vivre des suppléments lyonnais de l’Express, qui en font, on dirait, presque un par semaine!).

Initiée à Lyon par un natif de la Guillotière, l’Abbé Paul Couturier, il y a exactement 77 ans, la semaine de l’Unité Chrétienne consiste en prières et rencontres entre les différentes confessions du christianisme. L’idée part bien sûr d’un bon sentiment et permet d’aller à la rencontre. Dans le 7e et ses environs immédiats les environs du Carême sont l’occasion de prolonger l’expérience en partageant un frugal repas (Priére, pain, pomme) dans une église de confession différente chaque mardi.

Si l’unité chrétienne (après tout au fond c’est vraiment la même foi) est un objectif qui ne peut qu’être en soi louable, surtout pour moi qui suis le seul protestant d’une famille de catholiques, n’est-il parfois pas vide de sens à force de bons sentiments ?

En 1933, la nécessité était forte, les différences dans la foi quotidienne importantes (il n’y avait pas eu Vatican II) et les mariages entre papistes et parpaillots fort rares. Aujourd’hui ils sont fort fréquents et l’on passe de plus en plus facilement du catholicisme au protestantisme (dans l’autre sens c’est plus rare).

Bien sûr taper (verbalement !) sur les amis du Pape, qui ne pratiquent de leur côté plus l’inquisition depuis fort longtemps, est toujours un sport très pratiqué en pays réformé, il s’apparente à un joyeux sport du type dire du mal de Saint-Etienne pour un lyonnais: on se moque mais dans le fond on aime bien. Et puis dans une France où le christianisme n’a plus le poids d’avant, où d’autres religions s’inscrivent dans le paysage, les perspectives ont bien changé.

A  l’autre bout, vouloir à tout prix se complaire dans l’unitarisme à tout prix est un peu appauvrissant et un peu niais. Oui il y a des différences entre les différentes confessions chrétiennes. Oui la pratique protestante est différente et sspécifique en nombre de points. En parler n’est pas une honte et amène aussi à s’approfondir. Le poids de l’appareil ecclésiastique, le Pape (et plein d’autres choses) du catholicisme me pose question. Le côté très trinitaire de orthodoxie également. Rien d’insultant ni de problématique mais l’œcuménisme, derrière ses bonnes intentions, ne doit pas être le fossoyeur du questionnement sur la foi.

Magnifique moment et grande joie que ce culte commun des paroisses réformées de la Guillotière et des Brotteaux additionnées à l’église évangélique camerounaise au Grand-Temple ce dimanche de Pâques. Splendide célébration par les pasteurs Raoul-Duval et Faisandier, époux et personnes formidables dans la vie pour les paroissiens qui se pressaient nombreux en ce jour majeur. J’ai eu la joie d’ailleurs de constater que nombreux étaient les lecteurs de ce blog dans la communauté !

Je ne vais pas revenir longuement sur le sens de cette fête proprement dite, l’ayant déjà fait dans un précédent billet.Redisons juste que Paques est un moment fondamental pour tous les chrétiens.

Commençons d’ailleurs par répondre à une question qui m’est couramment posée: Oui la Pâques protestante est la même que la catholique. La seule différence est que comme nous n’avons pas d’interdit alimentaire, nous ne jeunons pas ni ne mangeons végétarien le vendredi saint. Ca aurait pu être ennuyeux, j’avais deux militants d’autres partis politiques que le mien et athées tous deux à déjeuner ce jour-là justement!

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Après un culte (une messe en langage de protestant si vous ne le savez pas, petit ou petite ignare!) très sympa en commun entre ma paroisse et l’église presbytérienne camerounaise au temple de la rue Bancel, j’ai pris ma mini-caméra pour poser des questions à mon toujours très sympathique pasteur, durant le verre de l’amitié qui a suivi la cérémonie pour parler du sens de Noël.La conversation a porté sur la naissance de Jésus mais aussi sur la question d’un monde par trop mercantile dans ses valeurs.


Le sens de Noël par le Pasteur Olivier Raoul-Duval from romain blachier on Vimeo.