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Viens squatter chez moi…Griffon Lyonnais | romainblachier.fr

Je vous rappelle la régle de la rubrique « viens squatter chez moi »: un blogueur invité écrit un billet sur le sujet de son choix. Mon invité d’aujourd’hui est le talentueux Griffon Lyonnais.

Ce mec est un autre sympathique blogueur politique lyonnais.De droite, il se situe loin de l’extrémisme et de la déshumanisation sarkozienne et est un fan de Dominique De Villepin. Je nez suis pas, loin de là, un supporter du promoteur du CIP mais j’aime beaucoup Griffon Lyonnais, qui, dans son blog et dans la vraie vie est un mec intelligent, sympa et subtil. Viens squatter chez moi Griffon Lyonnais et réveille un peu ton blog, il s’est un peu endormi !

Ah et deux petits messages avant de commencer le billet du Griffon: aujourd’hui la banque alimentaire du Rhône collecte des denrées dans les supermarchés du département et jusqu’à dimanche en fin d’après-midi, l’entraide protestante, association d’aide aux plus démunis, organise sa vente annuelle de charité (programme ici)

De Wall Street aux confins de l’Afrique, la crise démultiplie ses effets.

La crise actuelle est tout à la fois financière, économique, sociale,

environnementale et migratoire. Tous les continents sont touchés de plein fouet. Cette crise globale, dont l’onde de

choc a pris son épicentre au Nord entraîne des conséquences majeures pour les populations du Sud. Toutes les conditions sont aujourd’hui réunies pour augmenter la chute des pays du Sud et leur faire payer le

prix fort de cette crise mondiale dans laquelle ils n’ont aucune responsabilité. La conjonction de l’effondrement des réserves de change, du réendettement massif, de l’explosion de la dette publique interne, des prêts léonins Sud-Sud accordés par la Chine et le Brésil, de l’augmentation du coût du remboursement de la dette externe entraîne un mécanisme qui broye un peu plus l’espoir de les voir émerger.

Dans le même temps, les pays européens tentent de freiner l’arrivée de migrants par le renforcement des contrôles migratoires et des procédures d’expulsion. Or, le retour pose de nombreux problèmes dont celui de revenir humilié et sans espoir dans un pays frappé de plein fouet par la dette, celle-ci provoquant une hémorragie

financière, qui, asphyxiant les services publics vitaux, encourage de

nouveaux départs : la boucle est ainsi bouclée. La cause du phénomène réside bien dans la pauvreté structurelle encourageant l’exode et non

dans les politiques d’accueil et d’expulsion.

Comme chacun a pu le constater avec les enclaves de Ceuta et Melilla, ce n’est pas en construisant des murs pour fortifier l’Europe que nous arrêteraonsla pression migratoire pour échapper à des

conditions de vie indignes. Combien de murs faudra-t-il construire autour de l’Europe, quelle hauteur devront atteindre ces murs pour nous empêcher de voir la misère de ceux que nous avons colonisé et exploité? Combien de barbelés faudra-t-il pour empêcher cette misère de s’échouer chez nous?

Les candidats à l’émigration dans l’espoir de sauver leur famille restée sur place continueront à affluer aux portes

des pays occidentaux tant que nous n’aurons pas résolu le problème de

la pauvreté. La solution à l’émigration ne réside donc pas dans le contrôle des frontières et la répression mais bien dans l’aide au

développement.

Il faut souligner que pour aider leurs familles restées dans ces pays saignés aux quatre veines par la dette, les immigrés envoient plus du

double de la « généreuse » Aide publique au

développement (APD) aux pays du Sud. Et pourtant, il appartient à toute

puissance coloniale de payer la dette qu’elle

a contractée pour asservir et exploiter les peuples soumis à sa domination. En aucun cas, cette dette coloniale ne devrait peser sur les finances publiques des anciennes colonies ayant acquis leur

indépendance. Ce principe fut codifié par le Traité de Versailles en 1919 à propos de la dette contractée par le gouvernement prussien en vue de la colonisation de la Pologne.

Or, le niveau de l’APD, inscrit dans le projet de loi de finances 2010, sera largement insuffisant pour permettre à la France de respecter son engagement de consacrer 0,51% du revenu national brut (RNB) en 2010. En effet, l’aide

au développement devrait être comprise l’année prochaine aux alentours de

0,46% du RNB (soit environ 9 milliards d’euros). Dans le même temps, le Royaume-Uni et l’Espagne respectent leurs engagements malgré la

violence de la crise … alors que l’Italie et l’Irlande ont fortement restreint leurs contributions.

Les pays du Nord doivent prendre leurs responsabilités et aider les pays émergents. Les pays du Sud doivent devenir nos alliés dans la lutte contre le dérèglement climatique. Il faut que nous procédions à des

transferts de technologies et à des aides importantes, sans pour autant calquer sur eux nos modèles de croissance ou d’urbanisation.