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La voie fédérale, le meilleur moyen de sortir l'Europe de la crise | Romain BlachierRomain Blachier

La crise des dettes en Europe redonne de l’espoir aux nationalistes. Elle peut surtout être une opportunité pour les européens fédéralistes.

Et maintenant l’Italie. Dans le berlusconisme finissant, après l’Espagne, le Portugal, la Grèce, les marchés ont décidé de s’attaquer au pays du Berlusconisme finissant. Peut-être parce qu’il n’y a plus guère dans un Europe qui penche très majoritairement à droite, plus beaucoup d’autres pays de gauche à attaquer ?

Remarquez, il y avait déjà eu la très libérale Irlande, sur lequel l’étau s’était resserré. Mais à  la place de Chypre je flipperais grave: Non seulement le président de la République est communiste mais en plus on y parle grec. Oui grec! De quoi attiser l’appétit de l’impudique trader moyen qui risque de s’intéresser d’un peu trop prés au pays natal du stoicisme. Et si en plus ça peut permettre au spéculateur de se payer moins cher ses vacances à  Paphos, c’est toujours ça de pris.

Plus sérieusement on voit les prophètes divers et variés des nationalismes de gauche et de droite jubiler d’espoir: Ah l’Union Européenne en prend plein la gueule ! Ah l’Euro va crever la gueule ouverte ! Les nationalistes, qu’ils soient issus du Front National, du Front de Gauche, des Gaullistes Souverainistes, du Trotskysme… ne boudent pas leur plaisir. Sans penser 3 minutes que résumés à de petites nations dans le grand chambardement mondial, les états laissés tous seuls se feront casser la gueule dans les impasses du souverainisme par les vagues financières.

La solution,elle est fédérale. Face à des marchés financiers internationaux, il faut une réponse au moins européenne. C’est parce que l’Europe n’est pas assez intégrée, pas assez solidaire que les spéculateurs attaquent. C’est aussi parce que l’Union se vautre trop dans un entre-deux qu’elle est trop peu aimée par les citoyens, n’ayant que des moignons de politiques alors qu’il lui faudrait des bras musclés, changeant les habitudes nationales, les régles sociales sans se donner les moyens de faire vivre une unité, sans, notamment parce qu’elle est dirigée à droite, penser de nouvelles protections des salariés.Sans compter qu’il conviendrait de remettre un peu de politique dans les finances européennes. Par exemple une légére dévaluation ne pourrait que faire du bien à nos économies?

Paradoxalement, derrière les hauts cris des nationalistes de tous bords renait leur pire cauchemar: Un soleil qui avait quelque peu été terni par un élargissement de l’Union mal préparé, celui du fédéralisme européen. Celui d’une gouvernance collective des Européens comme peuple et non comme un ensemble disparate de petites cuisines nationales.

Se dresse devant le fédralisme des obstacles nombreux, à commencer par un gouvernement allemand actuel trop replié sur son cadre national. S’ajoute un homologue français parfois plus volontariste mais manquant par trop de vision en la matière.  Quelle  perte de temps !  Quelles occasions manquéesc ! Mais les récentes déclarations communes du parti socialiste français et des sociaux-démocrates allemands démontrent que ces positions nationales ne sont pas figées. Si demain les gauches revenaient au pouvoir sur les bords du Rhin, ce blocage de la machine européenne se dégripperait. Un bel espoir faut porter et qui semble crédible lorsque l’on connait la foi européenne du PS et du SPD, foi qui a hélas déserté les gouvernements UMP et CDU. Histoire de ne pas faire en matière européennes les mêmes erreurs qu’à la fin des années 90 lorsque l’Europe était plus rose.