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Avant la gauche était internationaliste

Avant nous étions internationalistes à gauche. La droite ne l’est souvent que pour les mouvements de capitaux et se situe dans le cadre national pour le reste. Elle n’a pas changé.

Mais nous un peu. Par rapport à avant.

Les mobilisations contre le coup d’Etat de Pinochet. Les lectures en long et en large d’analyses sur le Chiapas dans Courrier International et le Monde Diplomatique. Les mobilisations contre l’extrême-droite au pouvoir en Autriche. La lutte contre le shah d’Iran. Pour certains le Vietnam ou l’Algérie. La Chine. Pour le meilleur pour partie, pour le pire pour d’autres, le choix du pouvoir (pour le PCF) ou des dissidents (sur lesquels PS et trotskystes ont souvent été actifs) dans l’Europe de l’est. La chute de l’apartheid qu’une partie de la droite soutenait. Et l’arrivée de la gauche au pouvoir dans ce pays avec Mandela et son ANC membre de l’internationale socialiste alliée au PC Sud-Africain. Le Nicaragua.

Pourtant il y a dans nos partis des internationalistes. Au PS le secteur international est animé notamment avec talent et travail par mon ami Pierre Kanuty. Et Jean-Christophe Cambadélis est sans doute le plus intéressé aux questions internationalistes des 1ers secrétaires qu’ait connus le parti. Un parti qui est membre de la puissante Internationale Socialiste. Et dispose de députés des français de l’étranger.

EELV est lui aussi naturellement une organisation prônant la solidarité mondiale et des solutions à cette échelle. Mais il est paradoxalement moins présent que les autres dans ce secteur. Ce qui est surprenant De même que le fait de choisir de nommer sa commission dédiée au sujet non « internationale » mais « transnationale » ce qui est pour le moins timide. Ses publications et initiatives sont rares sur le sujet . E Reste que nombreux de ses cadres et militants se rendent à des manifestations alternatives dans le monde et participent à des événements unitaires.

Au PG l’équipe d’animation autour de Corinne Morel-Darieux, est, j’ai pu m’en rendre compte lors de notre voyage commun dans la partie kurde de la Turquie, riche en contacts et déplacements.

Le PCF n’a plus le réseau international qu’il eut pendant longtemps. Et ses rapports sont ambivalents avec le plus puissant parti du monde : le PC Chinois. Mais il est encore souvent présent dans de nombreux événements mondiaux. Et son secteur international est à l’origine de manifestations dans ce cadre.

Mais quand Zelaya au Honduras se prend un coup d’Etat, quand Chavez au Venezuela (qui n’était pas un saint je sais) se prend un coup d’Etat, quand Fernando Lugo au Paraguay se prend un coup d’Etat il y a eu silence à gauche en France. Certes pas silence complet : quelques communiqués par ci par là. Mais rien de bien tangible.

Il y a certes un peu de réveil avec le Brésil. Mais ce ne sera pas grand-chose. Le PCF a organisé un rassemblement dans son siège. Ont été publié des communiqués de divers partis de gauche. Mais, de nouveau, à part quelques événements par ci par là, il n’y aura pas grand chose. Un peu comme les kurdes qui combattent Daesh ont été longtemps ignorés. Et, qui si ils sont désormais médiatisés, ne peuvent compter que sur peu de soutien militant en France, malgré le soutien du gouvernement et des principales forces de gauche.

Le Brésil c’est sympa mais c’est loin. Et l’international, ça prend du temps c’est compliqué. Et ça rapporte pas d’investiture aux législatives. Les militants désertent les réunions sur ces thématiques. Et la culture dans ce domaine se perd.

Reste peut-être que si Dilma Rousseff était palestinienne, elle aurait peut-être un peu plus de soutien : c’est la dernière cause un peu loin qui mobilise parfois, de façon souvent approximative, une partie du monde militant. Celui qui ne fait plus grand chose d’autre en matière internationaliste ces derniers temps. Vous me direz : on parle d’elle.

Ousainou Darboe, leader du Parti démocratique uni (UDP) de Gambie, emprisonné, n’a même pas droit à cela.